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Je me propose dans les lignes qui vont
suivre, d'exposer quelques uns de mes rêves lucides, dans l'ordre chronologique
de leur apparition. J'ai essayé de donner un titre à chacun d'eux.
...Je prends conscience de rêver. Je
survole à différentes hauteurs du sol : des rues , des zones campagnardes.
J'arrive au bout d'une allée pavée que longe un mur de briques assez haut
(j'avais vu la veille sur la couverture d'un livre un dessin stylisé analogue
à ce mur) derrière lequel je vois la campagne environnante. Facile me dis-je,
d'un saut je vais pouvoir passer de l'autre côté . A quelques mètres du mur,
je remarque un homme qui promène son chien, un berger allemand . Tout à coup,
le mur s'est agrandi en hauteur et un plafond s'est formé, m'empêchant de voir
le paysage ! Je vais me débrouiller autrement, réfléchissons : je mets ma
main en avant pour cacher à la fois le haut du mur et le plafond, puis, me
dis-je mentalement, lorsque je retirerai ma main, le plafond aura disparu et je
verrai de nouveau le paysage . Eh bien, c'est raté, tout est resté à la même
place ! Le chien s'approche de moi, je le caresse. Curieusement, le plafond a
disparu, le mur a repris sa taille de départ et je vois le paysage .
Néanmoins, je décide de poursuivre le long de l'allée pavée ...
J'arrive sur une place très animée, avec beaucoup de
commerces . Je m'arrête devant l'un d'eux au hasard, une boutique de vêtements
. Une dame en sort, elle ressemble vaguement à une collègue de travail vue la
veille, professeur de mathématiques. Elle me vante les qualités de sa nouvelle
ligne de robes en utilisant dans son discours des termes mathématiques
inadéquats (selon mon opinion). Je lui révèle enfin qu'elle n'a aucune
existence réelle, puisque je la rêve, elle et son commerce ! Elle rit aux
éclats et me prend pour une sorte d'illuminée . Je lui rétorque que je peux
lui prouver ce que j'avance et la prends (un peu brutalement !) par le bras :
"venez", lui dis-je . "Arrêtez", me répond-elle, "lâchez-moi le bras sinon je hurle
!..." Je la laisse tranquille puis me réveille...
...Je me rendors, toujours lucidement :
Je me tiens debout, sous une grande voûte de pierre qui est
l'une des entrées d'une grande pièce plutôt sombre . Un garçonnet d'une
dizaine d'années s'avance vers moi. Je m'accroupis, le salue et lui demande
comment il s'appelle . Il me répond un prénom que j'ai oublié . Puis la salle
devient de plus en plus claire, d'autres enfants entrent, puis des adultes . Ces
derniers discutent de pédagogie . Je les interromps dans leur discussion .
Quant à moi, leur dis-je, je m'intéresse aux rêves .
"Aaah, le rêve..." me
répond l'homme qui se tient sur ma droite, accoudé près d'une cheminée .
"Oui, mais uniquement au rêve lucide", répondis-je, "je vous explique : il s'agit
de prendre conscience du fait que nous sommes en train de rêver sans se
réveiller. Voyez-vous, en ce moment je vous rêve tous, le cadre, la salle,
les meubles, les personnages que vous êtes n'ont aucune existence réelle .
Tout cela n'est qu'une création mentale de mon cerveau ". J'observe alors un
petit sourire amusé sur les lèvres de mes personnages oniriques, ils ne me
croient pas ! "Je peux vous le prouver très simplement : regardez ce fauteuil en
cuir, il n'a aucune matérialité contrairement aux apparences car vous pouvez
enfoncer sans difficulté votre main à l'intérieur". j'enfonce ma main onirique
dans le fauteuil . La sensation est spéciale, mais toujours la même avec plus
ou moins d'intensité : j'ai l'impression d'un contact volumique avec l'objet
comme si chaque atome onirique de ce dernier entrait en contact avec chaque
atome onirique de ma main (dans la réalité physique, lorsqu'on plonge sa main
dans un liquide, la sensation est très différente, car le contact n'est que
surfacique). "Essayez", dis-je ! L'un des personnages tente l'expérience, sa main
s'enfonce facilement, comme si le fauteuil n'était qu'une sorte d'hologramme .
Il est très étonné de ce résultat et s'éloigne de moi, par crainte me semble-t-il ...
Je me réveille .
Commentaire : curieusement, les personnages de rêve
ne me croient jamais si je leur dis qu'il s'agit d'un rêve. Vous,
lecteur(trice), vous auriez sûrement la même attitude qu'eux à mon égard, si
je vous disais la même chose maintenant ! Je pense que cela est normal
car le rêve reproduit le même paradigme que nous avons tous en commun sur la
réalité.
Néanmoins, concernant le rêve lucide, je peux prouver facilement aux
personnages oniriques qu'il s'agit d'un rêve : il suffit de leur montrer
l'immatérialité du décor et de leur propre corps. Je reconnais que cela
semble beaucoup les perturber !
... Je suis dans la pièce du
bas de la grande maison. Ma mère entre, regarde par la fenêtre. Affolée, elle
voit son père (décédé depuis 1993) à demi-nu, se lavant dans la
grande bassine verte. Son épouse (décédée elle aussi) lui verse de l'eau sur
le dos.
"Regarde, il est complètement fou, il va attraper froid, il y a pourtant
une salle de bain dans la maison !" me crie ma mère.
"Attends", lui répondis-je, "je crois que tout ceci n'est qu'un
rêve, tout est faux. Pour le vérifier, je vais traverser la fenêtre sans
l'ouvrir. Si j'y arrive, tu en auras la preuve." Je m'élance, passe à
travers la vitre et me retrouve à l'extérieur.
"Coucou", fis-je à ma mère, "tout ceci n'est qu'un rêve lucide
!"
Je me réveille.
(En faux-éveil), c'est le matin, je me
lève de mon lit. Je marche vers la cuisine. Je réfléchis, suis-je vraiment
réveillée ou encore en rêve lucide ? Vérifions si les murs sont bien solides
: j'applique mes mains dessus, oui, c'est solide. J'ai un doute, je saute en
l'air pour vérifier si je flotte. Ne retombant pas sur le sol, je conclus
immédiatement que je suis toujours endormie.
(En rêve lucide), je traverse la fenêtre de la cuisine, je suis dans une
pièce inconnue, je re-traverse encore une fenêtre, nouvelle pièce inconnue.
Je remarque au sommet de l'un des murs, un énorme téléphone à cadran beige,
il mesure environ 50 cm de coté ! (j'ai le même téléphone dans ma cuisine,
mais avec une taille normale et gris). Je décide de décrocher le combiné et
de faire un numéro, pensant que le résultat risquerait d'être amusant. 05 24
56, ce n'est pas la peine de faire un numéro juste, me dis-je, puisque je suis
en rêve lucide. Au bout de quelques instants, une voix un peu rauque parle à
l'autre bout du fil :
"1" me dit-elle.
"1" répondis-je.
"23" me dit-elle.
"23" répondis-je.
"Vas-tu continuer longtemps à répéter tout ce que je dis ? Cela fait des
milliers d'années que je te connais, j'ai connu beaucoup de personnages" (la
voix rauque m'énumère une liste de personnages célèbres).
Je lui fait remarquer en riant, qu'il manque Jules César à son répertoire,
puis je raccroche.
Un gros chien marron à poils ras (genre labrador) est assis sur le sol, il me
parle avec la même voix rauque du téléphone. Il m'inonde d'informations
hétéroclites à un tel débit, que je n'y comprends rien. "Arrête de
parler", lui dis-je, "j'ai une question à te poser" : je lui
explique le fonctionnement d'un capteur photoélectronique et lui demande si
cela fonctionnera ?
"Mais, par où va entrer la lumière ?" me demande-t-il. Apparemment,
il n'a rien compris, je lui explique de nouveau.
"Mais, je ne sais pas !" me dit-il.
"Pourquoi mon personnage de rêve est-il un chien ?" demandai-je.
"Parce que tu aimes bien les chiens." Et il pose sa grosse tête sur
ma cuisse, je le caresse.
Je me réveille.
Commentaires : quelques jours auparavant,
à l'état de veille, je m'étais dit qu'il serait amusant de faire parler des
animaux et d'éduquer mes personnages de rêve afin qu'ils ne soient pas trop
stupides (du moins pas plus que moi-même).
... En rêve lucide, je
marche sur un trottoir. Je m'arrête devant un grand magasin d'électroménagers,
puis j'entre. Je vois au fond, une vendeuse qui s'avance vers moi. Je
réfléchis quelques secondes et décide de lui demander un article aberrant :
"Bonjour madame, auriez-vous un réfrigérateur qui fasse du chaud ?"
"Bien sur, suivez-moi, je vais vous montrer." Je suis très étonnée
de sa réponse, pensant qu'elle me traiterait de farceuse, je la suis. Elle me
montre alors une sorte de convecteur rectangulaire avec des résistances
chauffantes ! "Et si je veux avoir du froid", demandai-je ? "Il
suffit de lui ajouter cette petite boite ici, et vous aurez du froid." (La
boite avait la forme et la couleur de l'étui à lunette de B, vu la veille à
l'état de veille).
... Changement de scène, je suis sur le sommet d'une grande
colline. Je
vois en contre-bas (dénivellation environ 1000 mètres), une plaine verdoyante
et quelques maisons, plus ou moins cachées par le feuillage des arbres. Je
m'élance dans le vide pour un superbe vol, en imitant le mouvement d'un avion
et je m'approche doucement du sol. Ce dernier me procure une image peu
satisfaisante, car manquant de résolution, semblable aux images de synthèse du
logiciel -Flight Simulator- que je possède.
Je me réveille.
Commentaire : le rêve reprend assez
souvent dans son scénario des objets (la plupart insignifiants) vus la veille ou l'avant veille.
Kiki.
(fin de nuit du 30/04/1998)
Le début du rêve est non lucide :
... il fait jour, je suis avec ma mère dans une pièce qui ressemble à sa
chambre, mais en plus grand. Nous voyons assis sur son lit et en pleine forme,
Jacques (alias Kiki, personnage décédé depuis avril 97) . Cette anomalie me
fait prendre immédiatement conscience que je rêve ! En rêve lucide :
Je dis à ma mère : " Tu sais bien que Kiki est mort
! ". Elle réfléchit un instant, et me répond oui.
Je reprends : " Tu comprends qu’il ne peut pas être à la fois
mort et vivant, donc tout ceci n’est qu’un rêve que je crée en ce moment
! ". Elle semble perplexe ...
Je reprends : " Pose lui quelques questions pour voir. " C’est alors que Kiki prend part à la conversation pour nous
dire : " Je ne répondrai à aucune question. "
La scène s’évanouit. Je me
réveille.
Commentaire : l'une des méthodes pour basculer du
rêve normal vers le rêve lucide est de prendre conscience de l'absurdité du
rêve. Cela n'est pas facile, car le rêveur habituel ne se rend pas compte des
incohérences de son rêve (sauf au réveil, mais c'est trop tard !).
Ce rêve n'est pas lucide, mais il est amusant :
...j’entre dans une librairie, m’approche d’un présentoir sur lequel
différents magazines sont rangés . Je remarque une revue d’électronique que
j’achète parfois : dans ce numéro, il est possible de construire un
détecteur de vibrations mécaniques . Je le prends et me dirige vers la caisse
. "173 F" me dit la vendeuse . "C’est
curieux, les numéros précédents ne coûtaient que 44 F ! "
répondis-je. Elle se renseigne par téléphone . "C’est bien 173
F, il y a eu un changement de prix". Je lui donne un billet de 200
F. Elle me rend 2 pièces de 1 F et le reste sous la forme de 2 rouleaux de
scotch à moitiés entamés . "Mais, je ne veux pas de rouleaux de
scotch ", lui dis-je . "C’est votre monnaie, c’est
comme ça ". Je m’aperçois d’une longue queue de clients qui attendent
derrière moi, la patronne (Mme P de N le V) arrive . "Laissez, je m’en
occupe, vous allez voir", dit-elle discrètement à son employé .
" Rendez-moi ma monnaie", lui dis-je, "je ne veux pas de ces vieux
rouleaux de scotch !". "Ce n’est pas possible", me répond-elle . "Tant pis, je ne prends plus la revue
et rendez-moi mes 200 F". "C’est trop tard ! "
me dit-elle . Je réfléchis un instant et me dis : "quel dommage que
je ne sois pas en rêve lucide, j’aurais saccagé toute sa librairie". Je me ravise : "Oh et puis tant pis, c’est une
sacrée ordure cette bonne femme, je vais le faire quand même !". En
faisant attention à ne pas blesser les clients, je mets à sac le magasin :
revues, livres et étagères volent dans tous les sens...
Je me réveille.
Commentaire : La veille à l’état de veille, j’avais cherché un rouleau
de scotch et j'avais aussi pensé à l’interféromètre de Michelson comme
détecteur de vibrations mécaniques. Je trouve amusant d'introduire la notion
de rêve lucide dans un rêve qui ne l'est pas. Bien que je me sois posé la
question, cela ne m'a pas fait basculer dans la lucidité !
Le fantôme.
(fin de nuit du 25/05/1998)
... Je suis allongée sur mon lit,
une couette recouvre mon corps (sauf la tête). Je vois ma chambre, plongée
dans la pénombre, telle qu'elle est normalement. En même temps, se présente
devant moi une jeune femme aux traits fins et réguliers, mais formée
uniquement d'un brouillard blanc (corps et vêtements compris). Je prends alors
conscience que je suis à l'état de rêve et non réveillée, malgré
l'apparence normale de ma chambre. La forme s'approche de moi doucement, se
penche et me traverse. Je ne vois plus qu'un brouillard avec des zones de
différentes densités. "Eh, je ne vous vois plus !", lui dis-je. Elle
se recule, je vois de nouveau son visage.
Je lui demande : "Etes-vous quelqu'un de mort"?
"Non".
"Etes-vous un fantôme"?
"Non".
Elle s'assoit au bout de mon lit. "Au moins, vous n'êtes pas lourde",
lui fis-je remarquer en riant, "quel âge avez-vous ?"
"Trente ans."
"Et, que faite-vous dans la vie ? "
"Je suis secrétaire (..?..) agricole à J-P."
Elle semble alors inquiète et se lève. Je la vois s'éloigner, passant par ma
porte de chambre ouverte. Je remarque un point incandescent sur la partie gauche
de sa forme à mi-hauteur. Je décide de la suivre et me lève (en corps de
rêve). Je perçois maintenant la jeune personne comme un être-humain habituel,
le point incandescent est une cigarette avec des volutes de fumée. "Eh en
plus, vous fumez !", lui dis-je. Nous sommes dans la cuisine de ma maison
et regardons par la fenêtre (les volets sont ouverts). En vérité, je sais
qu'ils sont fermés dans la réalité habituelle.
"La porte d'entrée du portail est entr'ouverte !" me dit-elle très
angoissée. "Oui, mais ce n'est qu'une illusion" lui dis-je, "je
sais qu'elle est fermée". Soudain, une dame blonde et forte entre par
cette porte et marche dans notre direction. Elle est habillée d'un bel ensemble
bleu. Nous passons à travers les vitres de la fenêtre, je la salue, elle me
répond en inclinant la tête vers l'avant.
La scène se déforme et je me réveille.
Commentaires : le début du rêve est assez
étrange... La conversation avec ce personnage est plutôt rudimentaire. Je n'ai
pas senti l'odeur de la fumée de cigarette.
La buvette.
(fin de nuit du 16/10/1998)
... Je marche sur le trottoir
en ciment qui longe mon pavillon. Soudain, je me sens légère et soulevée
verticalement, je dépasse la hauteur du toit. Cette situation insolite et
agréable me renseigne immédiatement que je rêve ! Je décide alors de voler
horizontalement à une trentaine de mètres de hauteur, au-dessus de la
propriété. Je remarque que pour une fois, les maisons et les arbres sont à
leur bonne place, sauf la route qui est en terre battue (en réalité, elle est
goudronnée). Toujours en volant, je dépasse les limites de la propriété : un
paysage verdoyant avec de beaux arbres défile sous mes yeux (je ne pense pas
qu'il corresponde au paysage réel). Je passe au-dessus d'une petite rivière
qui serpente dans les hautes herbes et je décide de descendre. Je m'approche de
plus en plus près des herbes, les traverse et observe des sortes de cellules
vertes, puis m'enfonce dans le sol de couleur marron. Le lieu n'étant pas
intéressant, je ferme les yeux et décide de retourner à mon point de départ
(mon pavillon). Je me sens aspirée, puis j'ouvre les yeux, je suis de nouveau
au-dessus de mon toit. Je vole à peu près à la même altitude, mais le
paysage local a changé : il est désertique, très peu de végétation,
beaucoup de sable et du vent. Je me souviens avoir décidé, à l'état de
veille, de poser certaines questions à mes personnages oniriques. Mais, il n'y
a personne !
"Coucou...", fis-je, "il y a quelqu'un ?" Quelques secondes
plus tard, une voiture apparaît au loin et se gare, puis je remarque sur la
gauche, une sorte de buvette. J'atterris et m'approche en marchant. Un client
est assis au bar avec sa consommation. La serveuse vient vers moi.
"Bonjour", fis-je, "puis-je avoir un café ?" Elle me sert
immédiatement un café, dans une petite tasse blanche (les mêmes que B).
"Combien vous dois-je ?"
"80 F".
Mentalement, je pense que c'est une erreur et sors de ma poche une pièce de 1 F
!
"Il m'en faut 2450 comme celle-ci", me dit-elle.
"Oh, il est cher votre café !"
"Oui", dit-elle, "mais il est très bon, c'est une recette
spéciale."
Un client sur ma droite, pose sur une coupelle, une coupure de billet qui m'est
inconnue. Je regarde attentivement le billet et me dis que je vais en créer
autant que nécessaire, puisque je rêve. En effet, je sors de ma poche deux
billets identiques à ceux vus précédemment, mais apparemment, cela ne suffit
pas. Je sors alors une grosse coupure. La serveuse est étonnée, l'examine de
près et semble ravie. Je constate qu'il y a beaucoup de monde autour de moi :
hommes et femmes de différentes races. Je décide de poser mes questions à
l'ensemble de ces personnages.
"Est ce que vous vous souvenez de vos rêves, lorsque vous vous réveillez
le matin ?"
"Je rêve, mais je ne m'en souviens jamais", dit l'un.
"Je rêve et je m'en souviens", dit la serveuse.
"Ah, très bien", répondis-je, "en ce moment, je vous rêve
!"
La serveuse semble gênée : "vous avez envie de moi ?!" (dans le sens
: je rêve d'elle).
"Mais non, vous n'avez pas compris, je vous crée, ainsi que les autres
personnages et le décor."
"Ah ça, c'est impossible !", me dit-elle.
"Je vous assure que c'est vrai, la preuve : n'avez-vous pas remarqué que
je sortais les billets, il y a quelques minutes, aussi souvent que nécessaire ?
Vous en avez même abusé, n'est-ce pas ?" Elle reste très perplexe...
"J'ai une question à vous poser : que devenez-vous lorsque je me réveille
?"
Elle réfléchit et me répond : "Il n'y a pas de réponse et il n'y a pas
de question."
"Si, il y a ma question : qu'allez-vous devenir lorsque dans quelques
instants, je vais me réveiller ?"
"Je ne sais pas", finit-elle par répondre.
Je vois sa tête, ainsi que celle des autres personnages qui écoutaient très
attentivement, s'éloigner de moi comme un zoom.
Je me réveille.
Commentaires : voler en rêve est toujours très
agréable, cela procure une sensation de liberté infinie...
Il est curieux de constater que le personnage de rêve, ici la serveuse, ait des
difficultés à répondre à ma dernière question. Non pas que la question soit
simple, bien au contraire, mais le personnage pourrait utiliser les informations
que je possède dans ma mémoire. Apparemment, il ne le fait pas ou ne peut pas
le faire. Ces informations sont par exemple :
1) nous cessons d'exister.
2) nous continuons d'exister dans la mémoire cellulaire du
rêveur, puisque nous sommes aussi le rêveur, bien que notre apparence soit
différente d'un rêve à l'autre.
3) nous existons indépendamment du rêveur.
4) ?
...Je suis allongée sur le ventre dans
mon lit, avec une sensation de vibration dans tout le corps. Je sais que cet
état particulier me permet de basculer, si je le désire, vers le rêve lucide.
Ce que je décide de faire : je suis dans une pièce qui ressemble à ma chambre
(avec beaucoup de tableaux aux murs), je traverse le mur, je me retrouve dans la
même pièce ! Je retraverse etc. Enfin, je suis à l'extérieur. Je vole
au-dessus d'un marché, il y a beaucoup de monde. Je me souviens que je dois
poser ma question, mais je décide de revenir dans ma chambre, car je ne pense
pas que les vendeurs de légumes ou de poissons puissent y répondre.
Je me sens de nouveau allongée sur le ventre dans mon lit,
avec la même vibration. Je décide de m'envoler et de chercher une université
et un professeur de physique. Je survole des bâtiments qui ressemblent à une
faculté. J'aperçois une dame blonde, un peu âgée, en blouse blanche, près
d'un des bâtiments. Je m'approche et lui dis que je cherche un professeur de
physique.
"Oui, me dit-elle, monsieur......, mais il faut que je le matérialise et
je ne sais pas comment faire !"
"Ah, c'est dommage, vous connaissez ma question ?"
"Oui".
"C'est bien, au moins, je n'ai pas à re-expliquer depuis le début".
Mais hélas, je me réveille à la fin de cette dernière phrase. (Il y avait
beaucoup de vent dehors, ce bruit m'a peut-être réveillé, il est 3h47).
Commentaire : le personnage de rêve (la femme blonde)
connaît ma question et parle de matérialisation. Ceci est un grand progrès
par rapport à la routine habituelle ! Peut-on, à l'état de veille, éduquer
ses personnages de rêve pour qu'ils changent de paradigme ? Je pense que oui.
Carl Sagan.
(fin de nuit du 25/10/1998)
...Je marche sur la pelouse de la propriété. Il fait
sombre, il y a beaucoup de vent et les arbres ploient sous son effet. A chacune
des rafales, un des sapins parvient même à effleurer le toit de la grande
maison. Je remarque que curieusement, il y a une fenêtre en plus, ce qui n'est
pas possible, donc je rêve ! Il fait presque nuit, je décide de m'envoler vers
l'ouest, à la recherche d'une université. Il fait plein jour, je survole une
sorte de zone militaire avec aussi des civils. Je m'approche d'un bâtiment qui
semble être un restaurant. Un homme se tient à l'entrée, derrière une caisse
enregistreuse.
"Bonjour, je cherche un professeur de physique."
"Oui, nous avons justement là quelqu'un de sérieux en maths, sciences.
Suivez-moi !"
Je le suis, il me présente un homme qui ressemble vaguement à Carl Sagan, mal
rasé. Je lui tends ma main droite pour le saluer tout en remarquant que cette
dernière est sale, pleine de boue. Il me la serre quand même, un peu dégoûté
!
"J'ai une question à vous poser, un peu paradoxale, c'est un problème que
je n'ai pas réussi à résoudre et je serais curieuse de voir comment vous
allez vous en sortir !" Il semble inquiet. Je remarque deux jeunes femmes
à ses cotés qui m'écoutent :
"En ce moment, je suis en train de vous rêver et vous n'avez donc aucune
existence réelle !"
L'une des jeunes femmes parle à l'autre et lui dit : "Tiens, cela pourrait
expliquer ce qui nous est arrivé quand..."
"Chuut, s'il vous plait, que je puisse poser ma question : qu'allez-vous
devenir, vous mes personnages oniriques, lorsque je vais me réveiller ?"
Le professeur reste perplexe et au bout d'un temps assez long, il finit par me
dire qu'il n'en sait rien.
Je me reveille.
Commentaires :
1) Dommage de m'être réveillée trop vite, je n'ai pas eu
le temps de lui dire que c'était un abruti complet.
2) Si j'avais su, je n'aurais pas interrompu les deux jeunes
femmes.
3) Si j'avais été à la place du professeur, j'aurais
répondu de la manière suivante : "qui me garantit que vous rêveur,
existait vraiment ou du moins plus que moi-même ? Et si nous n'existons pas réellement, la question de savoir ce
que nous devenons lorsque vous vous réveillez n'a pas de sens. "
L'entreprise.
(fin de nuit du 1/11/1998)
Dans l'état intermédiaire, c'est à dire
: je suis allongée dans mon lit, sur le côté gauche, mais, je sais que je ne
suis pas réveillée car mon corps physique est paralysé et je n'ai aucune
image mentale. J'ouvre mes "yeux oniriques" et place ma "main
onirique" dans mon champ de vision : cette dernière a
l'aspect d'un joli brouillard bleuté. Je décide alors de basculer dans le
rêve lucide.
...Je suis à l'intérieur d'une sorte d'entreprise, genre restaurant de
cantine. Quelques personnes sont présentes et travaillent.
"Bonjour", fis-je, "qui est votre chef d'entreprise ?"
Un homme barbu d'une cinquantaine d'années s'approche.
"C'est moi", dit-il.
"Eh bien non", répondis-je, "c'est moi, puisque vous n'êtes que
le fruit de mes pensées, qu'une construction onirique. La preuve, ce pilier en
béton, regardez comme votre main s'y enfonce facilement !" (J'ai pris sa
main pour faire l'expérience).
...Je ne me souviens plus.
Deux ou trois personnes sont encore présentes, sauf le monsieur barbu. J'ai une
question : "Que devenez-vous lorsque je me réveille ?" Une dame
blonde, la cinquantaine, ne semble pas convaincue que je la rêve.
"Vous avez pourtant vu la démonstration avec le bloc de béton", lui
dis-je, "donnez moi votre main et regardez ".
"Non", me dit-elle,"ça va me faire mal !"
"Mais non, ça ne fait pas mal", et j'enfonce mon index droit dans la
paume de sa main.
"Je vais avoir un bleu, maintenant !", me rétorque-t-elle.
"Pouvez-vous répondre à ma question ? (mentalement je pense à une
réponse possible)". Mais elle ne me répond pas et diminue de volume, elle
ne mesure plus que un ou deux centimètres !
Je me réveille.
Commentaire : mes personnages oniriques n'apprécient
guère mes preuves de l'illusion qu'est le rêve, car en général, ils fuient !
Ils ne répondent pas aux questions difficiles, dommage !
Les gamins.
(milieu de nuit du 23/12/1998)
Je suis allongée
dans mon lit, je vois ma chambre, mais à 180 °, c'est à dire avec la fenêtre
sur ma gauche (en réalité elle est sur ma droite). Je vois aussi une commode
Louis XV sur laquelle est posé un plan en verre ou en plexi-glass contenant de
jolies fleurs en inclusion. Je sais que je suis à l'état de rêve, car ces
objets n'existent pas dans ma chambre réelle.
Je décide de continuer à rêver lucidement et je traverse la fenêtre.
J'atterris sur la pelouse de la propriété, il fait un temps magnifique, la
lumière est superbe. Il y a des dizaines de plans en verre (analogues au
précédent), alignés régulièrement sur la pelouse. Des gens s'affairent à
disposer des tables. Je remarque une perspective vraiment très belle de tous
ces objets, un relief plus intense. Je décide de faire le tour de ma maison en
marchant, afin de vérifier s'il y a d'autres modifications. En effet, il manque
la pièce de droite et la forme d'une fenêtre a changé. Je me dirige vers
l'enclos des poules, ce dernier n'existe plus et a été remplacé par une
étendue de sable fin et sec. Je décide de sentir le sable. J'en prends une
poignée dans la main et le porte à mon nez. Curieusement, cela sent la bonne
terre humide ! Des gamins, d'une quinzaine d'années, m'observent. Je m'approche
d'eux. "C'est amusant tout cela", leur dis-je, "au fait,
savez-vous que je vous crée, ainsi que le décor ?"
"Ah non", dit l'un d'eux, "ce n'est pas possible, j'existe
vraiment !"
"Oui, grâce à moi !", répondis-je.
...Nous marchons, puis pénétrons dans une sorte de musée
moderne avec une très belle architecture. Les gamins sont ravis d'explorer
cette gigantesque structure. Nous montons un très bel escalier. L'ensemble est
si beau que j'oublie de poser mes questions ! Arrivée en haut de l'escalier, je
montre à l'un des gamins que ma main pénètre sans difficulté dans les
magnifiques dalles. Sur notre droite, il y a une fenêtre. "Regarde, mes
ongles cognent le verre, cela parait réel", lui dis-je,"mais en
vérité, c'est encore une illusion, ma main peut traverser le verre, essaye, tu
ne peux pas te blesser". Le gamin plonge sa main dans le verre, il est
perplexe, la retire, il observe qu'elle ne présente aucune blessure.
"Que vas-tu devenir lorsque je vais me réveiller ?" lui demandai-je.
"J'espère que je vais continuer d'exister !"
"Que deviennent tes personnages oniriques, lorsque toi-même, tu te
réveilles d'un rêve ?" lui demandai-je ?
"Je rêve peu."
"Cela ne change rien !" lui répondis-je.
Nous descendons un grand escalier, il me fait une bise et je me réveille.
Commentaires : la veille, j'ai acheté , dans une
grande surface, une plaque de plexi-glass incolore et transparente. J'ai aussi
regardé le film : l'Histoire sans fin III. Le rêve a repris ces éléments
dans son scénario...
Ma mère.
(milieu de nuit du 2 au 3/01/1999)
...Je reviens du lycée à pieds, il fait
sombre. Je remarque curieusement, que la grande maison est en construction, avec
une forme différente par rapport à la même maison en réel. J'entre, ma mère
est là, au bout d'un couloir et me dit :
"Il est 17h40 !"
"Non, il est plus de 19h00 car j'ai dîné au lycée à 19h00", lui
répondis-je.
Elle regarde par la fenêtre et me dit :
"Viens voir, la petite maison n'a pas le même aspect que d'habitude, je ne
comprends pas ce qui se passe !", s'étonne ma mère. Je réfléchis un
instant, j'ai compris, m'exclame-je !
"Ah ?", s'exclame-t-elle à son tour.
"C'est un rêve et c'est moi qui rêve, il faut absolument que tu t'en
souviennes demain matin !", lui dis-je. La tête de ma mère se transforme
et prend l'aspect d'une femme égyptienne (documentaire sur les pyramides vu la
veille à la télévision) qui essaye de se concentrer sur ce que je viens
de dire.
"Bah", lui dis-je, "ça ne sert à rien, puisqu'il n'y a pas de
connexion entre ma mère en rêve et ma mère réelle !"
...Je me réveille.
Commentaire : après vérification auprès de ma vraie
mère le lendemain, cette dernière n'a pas fait le même rêve que moi. Dommage
!
L'Enigme.
(fin de nuit du 21/11/1999)
...Je vole à quelques mètres de hauteur au-dessus d'un
large chemin herbeux d'un beau vert, de chaque coté, de grands arbres
s'étendent à perte de vue. Je prends alors conscience de rêver ! La situation
est agréable et très esthétique, je continue mon vol. Parfois, une jolie
brume diffuse les rayons du soleil à travers les branches des arbres... Puis,
le paysage s'assombrit, j'entre dans une zone totalement noire. Néanmoins, je
décide de continuer à voler en accélérant, cinq ou six secondes s'écoulent
ainsi dans le noir total. Puis graduellement, la lumière revient et un nouveau
paysage apparaît. J'atteins la grande terrasse d'une maison. Elle est
recouverte d'un carrelage de briques, où poussent entre les joints ça et
là, des fleurs de différentes couleurs ne dépassant pas trois centimètres de
hauteur. La porte de la baie vitrée est ouverte et plus loin, je vois une femme
d'une trentaine d'années assise sur un canapé. Je décide d'entrer et la
salue.
"Bonjour mesdames", répond-elle.
Je lui fais remarquer que je ne vois pas d'autres personnes entrer avec moi !
"Regardez là-bas !" me dit-elle. En effet, une autre femme se
présente, mais par une autre porte et s'en va.
Je m'assois sur le canapé. L'ensemble de la pièce est décoré avec grand
luxe. Je décide de la taquiner un peu pour observer sa réaction et lui dis :
"Regardez ce beau livre à vos pieds !" (En vérité, dans le rêve,
il n'y a aucun livre sur le sol.) Mais, à mon grand étonnement, elle se
penche, mime de ramasser un livre et de lire son titre. Elle semble avoir des
difficultés à le lire... Enfin, je lui dis :
"Tout ceci : décor, personnages, vous, moi, ne sont que des productions
mentales. Ma question est : qui pense ?"
Elle réfléchit quelques instants et semble perplexe. "Peut-être que la
réponse est dans le livre de l'Enigme ?" me répond-elle.
(...micro-réveil...)
Nous marchons dans un long couloir, je sens que je vais me
réveiller car les formes deviennent floues... L'environnement se reconstruit,
mais la femme n'est plus là. J'entre dans une grande salle, pleine de monde, de
tables, de micros et de hauts-parleurs. Cela produit un terrible vacarme ! Je
monte sur une table et essaye de faire taire cette foule (car j'ai une question
à poser). Un homme prend un micro et couvre complètement ma voix. Cela
m'énerve, je lui arrache le micro des mains et lui donne une bonne claque sur
l'épaule, ce qui le met au tapis ! Je parle dans le micro, tout le monde
m'écoute silencieusement :
"Bien, tout ceci n'est que pensées : vous, moi, le décor, rien n'est
réel. La preuve : j'enfonce sans difficultés la main dans cette table !"
D'autres personnes font de même à mes côtés et sont très étonnées.
"Ma question est : qui pense tout cela ?"
Je remarque que les gens quittent la salle les uns après les autres. Je
m'approche d'un petit groupe et reconnais la dame du début (avant mon
micro-réveil). "Avez-vous trouvé le livre dont vous m'avez parlé tout à
l'heure ?"
"Non", me répond-elle.
Je décide de sortir, je marche sur le trottoir droit d'une
belle rue pavée. Sur la gauche se dressent de beaux immeubles et sur ma droite,
une clôture qui borde un grand parc, recouvert par endroit de petits cailloux
beiges. J'arrive me semble-t-il à une station de bus. Là, je reconnais un
autre personnage vu au hasard dans la grande salle. "Avez-vous une réponse
à ma question ? Pourtant, regardez, on peut modifier tout ce qu'on veut du
décor." Un thermomètre à aiguille (identique à un manomètre vu la
veille) est attaché à la clôture du parc. Le pointant du doigt, je modifie à
distance la position de l'aiguille, le personnage fait de même. Nous faisons
quelques pas ensemble, mais manifestement, il n'a pas la réponse à ma
question. Nous rebroussons chemin. "Regardez", lui dis-je, "le
décor a changé : sur notre gauche, le parc et ses cailloux ont été
transformés en immeubles détruits entourés d'une pelouse verte !"
Je me réveille.
Commentaires : après discussions avec d'autres
rêveurs lucides, volontairement, je n'ai pas dis que c'était moi le créateur
du décor et des personnages oniriques. Nous sommes peut-être co-créateurs du
rêve. Néanmoins, les personnages rencontrés sont toujours aussi basiques (je
n'ignore pas que ce sont des extensions de moi-même) !
Hypothèse : lorsque j'entre dans une zone noire, peut-être
que mon cerveau est alors en manque d'une certaine substance chimique qu'il lui
faut renouveler pour créer et percevoir les images du rêve ?
...Je suis dans ce qui me semble
être la cave d'une maison. Je sais que je rêve. Les murs sont en parpaing
brut, le sol en terre battue. Deux fenêtres sont closes. J'ouvre l'une d'elles
et me retrouve à l'extérieur... Puis de nouveau dans la cave d'une autre
maison. Je me dirige vers un escalier, sur la gauche. J'entends la voix d'un
homme qui vient du haut de l'escalier. C'est exactement la même que celle d'un
collègue de travail : D, professeur de mathématiques. En effet, quelques
secondes plus tard, D descend l'escalier, accompagné d'une jeune femme, à qui
il donnait un cours de maths. Nous nous saluons. D m'explique qu'il a dit
exprès n'importe quoi à son élève du genre : "le spectre des rideaux
s'inverse si ..." C'est tellement incohérent, que je n'arrive pas à
retenir ce qu'il me dit, même en me concentrant. "J'ai une question à te
poser ", lui dis-je, "vous pouvez rester ", m'adressant à son
élève, mais apparemment, cela ne l'intéresse pas. D et moi-même marchons le
long d'une rue, il fait sombre, je réfléchis à la manière de m'y prendre
pour lui poser mes questions sans le heurter trop vite !...
"Est-ce que tu te souviens de tes rêves ?"
"Oui, parfois."
Je poursuis, "j'ai fait un rêve étrange : j'ai rêvé que je te
rencontrais au pied de l'escalier de ta cave, tu venais de donner un cours de
maths aberrant à la jeune personne que nous venons de quitter. Puis nous march(i)ons
dans la rue comme en ce moment... Bref, je nous rêve. Quelle explication as-tu
de cela ?"
D devient très perplexe, il ne dit rien, réfléchit... Mais
hélas, je me réveille.
Le début du rêve est non lucide : je
suis dans une grande salle, certaines des personnes présentes sont des
collègues de travail et l'ambiance est à la fête. Quelques uns dansent au
rythme d'une chanson très lente dont la musique ressemble à des chants
gutturaux tibétains. Je trouve cette sonorité peu esthétique. Soudain, ma
mère m'apostrophe et me dit toute joyeuse :
"Regarde, c'est fantastique, nous sommes en train de faire le même rêve !"
"Ah, oui...!" (Là, je prends enfin conscience de rêver.) Elle
poursuit :
"A notre réveil, nous allons nous raconter le même rêve, n'est-ce pas
formidable ?
"Bah, ça m'étonnerait, ça fera exactement comme la dernière fois et en
plus, à l'époque, tu ne voulais pas croire que c'était un rêve. Il n'y a
aucune connexion entre toi et ma vraie mère."
"Mais, ce n'est pas possible... puisqu'on est... dans le même rêve
!"
Elle réfléchit intensément, devient perplexe et s'éloigne. Elle revient,
mais sous les traits de Thérèse P., une collègue de travail, et me dit :
"Je ne veux pas qu'on me trouve ici !"
"Quelle importance ? puisqu'il s'agit d'un rêve !"
"Non, non, c'est très important. Comment fait-on pour se réveiller ?"
me demande-t-elle affolée. Puis, elle se dirige en courant vers un placard et y
entre. Je la suis, ouvre le placard, il est vide ! (En rêve lucide, tout est
permis me dis-je :-). Je la vois au fond d'un couloir, passant d'une pièce à
l'autre, toujours très affolée. Je lui crie :
"Thérèse, reviens.. Je vais t'expliquer comment faire pour te réveiller."
Elle est de nouveau près de moi.
"Bien, nous allons franchir le seuil de cette porte, nous marcherons
quelques pas à l'extérieur et tu feras exactement ce que je te dis. D'accord ?"
"D'accord !"
Je la prends par le bras et nous faisons quelques pas :
"Maintenant, tu fermes les yeux... Tu
visualises ton corps physique endormi dans le lit... Remue doucement quelques
muscles... Voilà, tu es réveillée."
Et c'est moi qui me réveille du coup
!! Je regarde l'horloge, il est 5 h du matin. J'ai une sensation de forte
chaleur dans tout le corps qui s'estompe au bout de quelques secondes.
Commentaires : c'est la première fois qu'un
personnage de rêve me dit que je rêve et me fait ainsi basculer dans le rêve
lucide. C'est un grand progrès ! J'en conclus que ces derniers peuvent
s'éduquer lorsque je suis à l'état de veille et que je réfléchis à la
meilleure stratégie pour qu'ils soient au top. (Evidemment, selon mes
possibilités actuelles : je ne pratique ni la respiration consciente, ni
l'ouverture des chakras, ni la méditation etc.)
Après avoir pris contact avec ma mère (celle en chair et en
os :-), comme prévu, nous n'avons pas fait le même rêve, hélas.
Lecture.
(fin de nuit du 01/01/2001)
... Je suis en pyjama et me lève. Il me
semble que je rêve, vérifions le. En effet, je traverse sans problème la
porte et me retrouve à l'extérieur. Il fait sombre, je marche pieds nus sur la
pelouse. Cette dernière est tondue plus rase que la vraie. Graduellement, il
fait plein jour. Je remarque sur le sol trois grands panneaux. Sur chacun d'eux
est écrit en très grosses lettres manuscrites, un mot. Tiens, me dis-je, on
veut tester ma capacité à lire. Je contourne les panneaux pour être dans le
bon sens. Derrière moi, à environ 4 mètres, il y a une foule de personnages
de rêve. Ils chuchotent entre eux très discrètement, pour ne pas gêner ma
concentration et semblent me noter. Bon, je lis, 1er panneau : "ça",
2ème panneau : "fait",
3ème panneau :"agir".
D'autres panneaux surgissent, ils sont un peu moins grands et contiennent chacun
une phrase courte. Bon, continuons, je lis : "Une larme joyeuse".
L'écriture est très stylisée avec des arabesques. Panneau suivant, je lis :
"Un bonne achat". Casimir, l'un des chats de la maison, roupille juste
sous la phrase. Ah, et en plus ils font de l'humour :-). Je remarque une faute
d'orthographe : "bon" est écrit "bonne". Je pense alors à
G qui prétend que le corps de rêve a beaucoup de mal à lire sans se
réveiller. Eh bien, non, j'y arrive très bien. D'autres panneaux surgissent,
encore plus petits et des cartes postales et des tables sur lesquelles sont
empilées des dizaines de livres ! Ouh, là, là... Bon, continuons. Je prends une
carte postale, les lettres sont petites, la phrase est plus longue, je sens que
je vais me réveiller. Aïe, j'ai parlé trop vite tout à l'heure. Je lève les
yeux et regarde le paysage, cela me re-stabilise dans le rêve et j'arrive à
lire la phrase. (J'ai oublié son contenu !) Je prends une autre carte, c'est un
long paragraphe d'une quinzaine de lignes. Je commence à lire, mais le texte
devient flou, je me réveille.
Commentaires : je trouve judicieux
de la part du rêve, d'avoir commencé par des choses faciles et d'augmenter
graduellement la difficulté. Je pense qu'avec de l'entraînement on doit
pouvoir lire et mémoriser un petit paragraphe, sans se réveiller. Peut-être
que cela consomme beaucoup "d'énergie", d'où le réveil ?
Devinette.
(fin de nuit du 18/01/2001)
...Je suis dans une grande salle qui est une cantine.
Beaucoup d'adolescents déjeunent. Je m'approche de l'une des tables et demande
:
"Savez-vous que j'ai l'intention de vous faire deviner l'état logique
d'un appareil dans mon espace de veille, pensez-vous pouvoir réussir ? "
"Moi, je pense que non."
"Et moi, je ne sais pas."
"Moi, je pense que oui."
"Bien", dis-je, "je vous propose une expérience très simple.
Quelqu'un va essayer de deviner, si je mets dans cette casserole munie de son
couvercle, une petite frite ou une grande frite." (Il y a des frites à
profusion dans un grand plat.)
"Je veux bien essayer de deviner."
"Ok, allez au fond de la salle, je vous appellerai."
J'enlève le couvercle, je me décide à mettre une petite frite, je remets le
couvercle. Ce dernier s'est enroulé sur lui-même. Ah rêve, quand tu fais des
fantaisies ! J'arrive à le déplier et à refermer correctement la casserole.
J'appelle le gamin :
"C'est prêt !"
Il réfléchit longuement. " Heu.. Voyons.. Je dirais..."
"Allez, dépêchez-vous, je vais me réveiller à attendre comme ça
!"
"...Une petite frite."
Un camarade, un beau noir, bien râblé est à côté.
"Et vous, qu'en pensez-vous ?"
"Je dirais comme lui."
J'enlève le couvercle, tout le monde se penche pour voir.
"Eh oui, vous avez gagné. Mais c'était facile, vous aviez une chance sur
deux et en plus je connaissais la réponse. La prochaine fois, vous aurez 1
chance sur 64 et j'ignorerai totalement la réponse."
Je me réveille.
Commentaire : voir Nouvelles
expériences.
Le début du rêve est non lucide : je marche sur une
route goudronnée pas très loin de mon lieu d’habitation, il fait jour. Je m’étonne
un peu d’être là, car il me semble m’être couchée depuis peu, et si je
rêvais ? Vérifions cela : j’essaye de traverser avec ma main, un
petit muret en pierre sur ma droite, cela s’effrite… Bof ! , ce n’est pas
très probant. Voyons ce portail en fer un peu plus loin : je le traverse
sans difficulté, comme si c’était du mercure, donc, je sais que je rêve. Je
suis dans un jardin, avec une vue magnifique en contre bas, il y a une
dénivellation de plusieurs centaines de mètres et je décide de plonger dans
le vide en volant. Je plane quelques secondes, mais le paysage perd de sa
solidité et se dissout, je sens que je vais me réveiller…Eh ! bien non, je
suis de nouveau sur la route goudronnée. Une foule d’adolescents se dirigent
joyeusement vers moi (la plupart sont des élèves de mes classes). L’un d’eux
s’avance vers moi et me dit : « vous devriez faire un transfert de
conscience ! »
« Heu, ah, oui, oui, mais pas avec n’importe qui ! »
répondis-je .
« Faites-le avec nous », me dit-il.
Bon, je cherche parmi les personnages, un ou une élève que je connais et qui a
un excellent niveau scolaire. J’en trouve une et lui demande si elle est d’accord
pour faire un transfert de conscience. Elle accepte et nous nous mettons front
contre front. Très vite, je ne vois plus rien, j’ai l’impression d’avoir
une noix creuse à la place de la tête et l’esprit vide… Cet état perdure
une quinzaine de secondes (ce qui est long finalement), puis je me réveille.
Immédiatement, je vérifie mon état d’esprit, mes pensées, quelques
unes de mes connaissances. Ouf, je suis bien redevenue moi-même !
Commentaire : Le transfert de
conscience (voir le site de Florence
Ghibellini) consiste à intervertir sa propre conscience avec celle d'un ou
plusieurs personnages de rêve. A quoi cela sert-il ? A expérimenter des états
de conscience très différents, à donner au rêveur la conscience qu'il est le
projecteur du rêve.
Dans ce rêve, le personnage était un peu
« polio », mais il vaut mieux commencer doucement. Cela prouve
néanmoins que dans ce cas, le personnage n'est qu'une poupée vide. Je constate
aussi que c’est un personnage de rêve qui me propose un transfert de
conscience et non moi. Cela semble indiquer que la mémoire de mes pensées à
l'état de veille reste accessible aux personnages de rêve durant le sommeil.
Cette dernière remarque paraît évidente, mais mes personnages de rêves
n'arrivent pas à lire correctement dans mes pensées au moment du rêve, en
temps réel ! Peut-être parce qu'ils ne sont pas assez puissants ?
Le rêve est lucide de l'endormissement
jusqu'au réveil.
Je marche dans un parc, il fait plutôt sombre. Il y a des bancs, je m'approche
de l'un d'eux, car quatre personnes y sont assises. Mentalement, je me dis que
puisque je suis lucide, autant commencer la conversation de manière abrupte et
inattendue.
- Bonjour, dis-je, quel âge me donnez-vous ?
- C'est difficile à dire !
- Comment me voyez-vous ?
- Il y a beaucoup de couleurs éclatantes !
Étonnée, je regarde mes bras, mes jambes , mes vêtements oniriques, mais je ne
vois rien de particulier car ils ont le même aspect qu'à l'état de veille.
Mentalement, je me dis, je vais me visualiser avec des vêtements gris noirs.
- Et maintenant, comment me voyez-vous ?
- Ah, là c'est très différent, vous êtes entourée de chaînes.
Bof, me dis-je, la conversation n'est pas très intéressante. Je continue de
marcher vers une grande bâtisse, il fait maintenant plein jour. Il y a beaucoup
de gens qui entrent et qui sortent, très occupés, à ne rien faire ! Du moins,
c'est l'impression qu'ils me donnent. J'entre.
Un homme, la trentaine et une femme, la soixantaine, s'approchent de moi.
- Bonjour, dis-je, savez-vous qu'ici nous sommes dans un rêve ? Regardez, je
peux faire pénétrer sans difficulté, mon index droit dans la paume de ma main
gauche.
La femme fait de même avec son propre index, mais dans ma main. Je fais la
même expérience avec une assiette décorative posée sur un meuble.
- En fait, me dit l'homme, nous sommes morts.
- Au début, me dit la femme, on voyait bien que les choses étaient bizarres
ici !
- Ah, heu..!! Mais, dans ce cas, dis-je, c'est idiot de rester là, vous allez
dupliquer les mêmes images à l'infini.
- Moi, me dit la femme, je faisais des fausses couches à répétition.
- Le problème, c'est que cela dépasse mes compétences, dis-je, suivez-moi,
nous allons sortir sur la pelouse, car il y a trop de monde, ne me perdez pas de
vue. Nous sortons. Il fait de nouveau sombre, je leur dit qu'il faudrait essayer
d'appeler des guides.
Et tic..., pas de chance, je me réveille et laisse tout le monde en plan.
Commentaire : J'ai remarqué que le début et la fin
d'un rêve lucide était souvent marqué par une luminosité faible (du moins
pour moi, peut-être faut-il y voir là un processus physiologique). Parfois, mes personnages oniriques me perçoivent d'une manière
différente de ma propre perception. L'homme et la femme étaient-ils vraiment
des "émanations mortes" noyées au milieu de mes projections
oniriques ? D'après une conversation avec d'autres rêveurs lucides, pour le
savoir, il aurait fallu demander aux deux personnages en question ce qu'ils
avaient fait hier : si ce sont des personnages de rêve, ils n'arrivent pas à
répondre ou leurs réponses sont confuses puisqu'ils n'existaient pas hier. Ou
encore, il aurait fallu pouvoir faire des vérifications avec des personnes
ayant réellement existées.
Vers le matin, je bascule dans le rêve
lucide. Bon, je fais mes petits tours de magie habituels (transformer un objet
en un autre, renverser un verre d'eau et garder l'eau en suspension dans
l'espace etc.) sous le regard amusé de mes personnages oniriques. Ils sont
gentils, car ils se sont abstenus de me faire remarquer que mes tours de
passe-passe devenaient lassants ! Bref, tout cela est très amusant à faire,
mais je me suis dit qu'il fallait essayer quelque chose de radicalement
différent.
J'essaye alors de déconstruire le
rêve. Le décor se dissout lentement, j'obtiens un espace totalement noir (je
sais, c'est encore du rêve) pendant une seconde seulement. Et hop, un autre
décor apparaît, je le redissous, et encore un autre, chaque fois différent
etc. Finalement, c'est très difficile de ne pas projeter quelque chose ! Au
bout de la cinquième ou sixième fois, j'obtiens un espace noir stable. Dans
cet espace apparaissent des luminosités violettes, puis bleues, puis blanches,
puis je me réveille.
Commentaire : Je pense que l'espace noir
est l'E.I (état intermédiaire, cher aux théories astralistes) sauf que je ne
ressentais aucune crainte, ni anxiété de quoi que ce soit, généralement
propre à l'E.I. On peut se demander quel est l'intérêt de déconstruire le
rêve ? Peut-être pour atteindre le
rêveur ! Mais je n'ai pas réussi. «Et
pour cause, car il n'y en a pas, on peut atteindre la conscience qui projette
tout ça, ou plus exactement, devenir la conscience se projetant elle-même.
Florence Ghibellini.»
(fin de nuit du 23/11/2003)
Je sais que je rêve : je vole à quelques
mètres au-dessus d’un océan tumultueux, il y a beaucoup de vent, de grosses
vagues avec de hautes gerbes d’écumes qui arrivent jusqu’à moi… Ça me
plait beaucoup ! Je me dis alors qu’il serait peut-être intéressant d’essayer
d’absorber ce rêve, c'est à dire de le déconstruire, sans me réveiller,
afin de voir ce qu'il y a derrière le rêve ! Mais comment faire, et en plus le
paysage est gigantesque ? Je décide de faire une grande inspiration et «d’absorber
tout cela par le nez », puis d’expirer doucement. Et ça marche ! Je flotte
dans un espace totalement noir avec une légère impression de chute, je suis
dans l’E.I (l’état intermédiaire). Que pourrais-je faire ? Essayons de
percevoir le vide entre chaque pensée… Non, c’est trop difficile. Voyons,
que pourrais-je bien faire ? Essayons d’émettre le son « om ». Ah, c’est
rigolo, comme ça résonne… ! Je reprends mon souffle et recommence. L’espace
noir se pave de formes semi transparentes qui ressemblent à de grosses
paramécies, je continue d’émettre le son « om » . Maintenant, l’espace
noir se pave de formes géométriques colorées assez jolies . Je me demande si
le son que j’émets est correct ? Je me retrouve dans une sorte de cellule de
moine ( aie, me dis-je, voici un rêve qui se construit). A quelques dizaines de
centimètres sur ma gauche, un énorme serpent m’observe . Je lui caresse le
dessous du cou et lui demande (on ne sait jamais !) si le son « om » est
correct ? Pas de réponse. En face de moi apparaît un personnage de rêve
habillé en moine, les yeux écarquillés d’étonnement, il me regarde
attentivement . Je lui pose la même question . Mais toujours pas de réponse .
Je me réveille .
Commentaire : L'état intermédiaire (voir à ce sujet
le site de Florence Ghibellini sur l'E.I)
se situerait sur le plan physiologique entre l'état de veille et de sommeil. Le
dormeur est parfaitement conscient d'être allongé sur son lit, mais il a la
sensation d'être paralysé car il ne peut plus bouger son corps physique, il entend
des bruits curieux (bourdonnements, sifflements, claquements, vibrations
électriques, voix lointaines ou proches), il a l'impression que des créatures
hostiles le frôlent, mais le plus souvent, il ne les voit pas, en revanche, il
voit parfaitement sa chambre telle qu'elle est dans la réalité habituelle et
croit ainsi être parfaitement éveillé ! Parfois, il a l'impression de flotter
au dessus de son corps et d'observer une sorte de corps translucide de couleur
bleue électrique ou marron. Quiconque vit ce type d'expérience ne peut que
paniquer et souhaiter en sortir le plus vite possible. Une observation fine de
la chambre montrerait qu'il y a des erreurs (certains objets ne sont pas à la
bonne place ou manquent, il y a une porte en plus ou en moins etc.), donc il ne
s'agit pas de la vraie chambre et le dormeur est bien endormi, bien qu'il soit
persuadé du contraire !
Mais alors, pourquoi explorer cet état si on ne s'y sent pas en sécurité ?
Peut-être pour essayer de comprendre les mécanismes du rêve, après avoir
réussi à nettoyer toutes les projections mentales (du rêveur) qui s'y
trouvent !
(fin de nuit du
26/11/2003)
Je sais que je rêve. J’essaye d’absorber de nouveau le
décor du rêve par une profonde inspiration, mais c’est raté, tout reste en
place ! Je recommence deux fois et enfin, ça marche, je flotte dans un
espace noir. Bien, je commence l’exercice de la respiration consciente. Un
cycle, deux, trois, quatre, rien de spécial à signaler, cinq, six, sept, huit,
toujours rien de spécial, neuf… Aie, un décor se crée : un magnifique
sous bois avec un petit torrent qui serpente, un peu plus bas, un sentier qui ne
demande qu’à être exploré. Je me dis qu’il serait quand même dommage de
déconstruire ce beau décor ! Je décide donc de me promener… Je
remarque néanmoins, sur le plan énergétique, que mon corps de rêve est
excessivement vibrant, comme s’il était rempli d’électricité… Au bout d’un
moment je me réveille : j’ai très chaud au niveau de mon corps
physique, sans pour autant transpirer, ni avoir envie de me refroidir. Cette
chaleur s’estompe au bout de plusieurs minutes. Je me demande si cette
impression de chaleur est réelle ou subjective ? (Pour le vérifier, il
suffirait de poser une sonde thermique sur ma peau, la sonde étant reliée à
un ordinateur. C’est à étudier.) Il serait aussi intéressant de vérifier
si un corps de rêve super électrisé procure systématiquement au réveil
cette impression de forte chaleur…
Commentaire : on voit ici clairement que je me laisse
facilement distraire par un beau décor de rêve car explorer les couches
énergétiques de l'E.I est beaucoup plus ardu !
En fin de nuit, vers le matin, je ne suis pas réveillée, j’ai
conscience d’être à l’état de sommeil hypnopompique ou de rêve très
atténué. Soudain, et allez savoir pourquoi ?, j’ai la compréhension directe de la nature des choses ! Impossible hélas de
vous expliquer en quoi cela consistait, car ce n’était pas intellectuel, c’était
seulement pour moi, un état de conscience très inhabituel. Néanmoins, c’était
si simple, que je me demandais comment se faisait-il que je n’y avais pas
« pensé » plus tôt ? Et je me mis à rire, à rire, tellement
c’était simple et évident, et cela pendant plusieurs minutes, jusqu’à mon
réveil. Là, plus rien, la conscience de veille habituelle, avec seulement, le
souvenir de cette curieuse expérience.
Commentaire : dommage d'être incapable d'en dire
plus, mais la pensée conceptuelle, du moins la mienne n'y parvient pas.
Peut-être parce que tout simplement certaines zones de mon cortex frontal
(siège de la pensée discriminante) étaient désactivées lors de ce sommeil
hypnopompique. L'absence de la pensée
conceptuelle donne-t-elle l'illusion d'être omniscient ?
Le début du rêve n'est pas
lucide : il fait nuit, je regarde la voûte étoilée. C'est très beau, mon
regard se dirige vers la constellation d'Orion (on la voit très bien en ce
moment dans le ciel d'hiver), mais c'est curieux me dis-je, il y a des étoiles
en plus et aussi des nébuleuses ! Je regarde attentivement et hop, soudain je
comprends, je suis en train de rêver. Hé, hé, hé, faisons très attention à
ne pas nous réveiller. J'ai conscience d'être allongée dans mon lit et de
dormir. Le décor étoilé disparaît, il fait totalement noir. Puis le noir est
remplacé par un fond violet avec des zones de différentes densités dans cette
même couleur et en mouvement lent. Cela dure environ 1 minute, ce qui est très
long quand on attend comme ça. Puis il me semble qu'apparaît pendant une
fraction de seconde un immense visage. Le fond violet est ensuite remplacé par
des milliers de motifs géométriques blancs qui donnent à l'ensemble de la
figure une structure fractale. Chaque motif est constitué de 2 petites sphères
blanches tangentes surmontées le long de leur axe longitudinal par un petit
triangle isocèle blanc. Bon, c'est original me dis-je et si je sortais de mon
corps pour changer. Je me lève, le mur noir en face de moi disparaît et laisse
la place à une superbe station balnéaire, il fait beau, il y a beaucoup de
monde. Je marche vers ce qui me semble être la mer. Sur un panneau, écrit en
plusieurs langues il y a marqué : baignade interdite, danger de mort. Je
remarque que la mer est recouverte d'un épais brouillard... Je me retourne, un
personnage de rêve est juste derrière moi.
-Savez-vous qu'il s'agit d'un rêve, lui dis-je
?
-Oui, bien sûr !
-Ha, et tous les gens qui sont autour de nous,
le savent-ils aussi ?
- La plupart le savent.
- Bon, on peut le vérifier ?
-Oui, suivez-moi, je vais demander à ce petit
groupe la-bas.
-Savez-vous qu'il s'agit d'un rêve demande mon
personnage de rêve ?
-je ne te répondrai pas parce que t'es moche !
-Ce n'est pas une façon de répondre lui dis-je
et pan, je lui mets mon poing droit en pleine figure !
Je m'éloigne, mais il me suit, sa tête a pris
l'apparence d'un dragon. Ho, ho, ho me dis-je, ce n'est pas un petit dragon qui
va me faire peur, surtout en rêve lucide. Je lève la main, il recule et tombe.
Je continue de marcher puis me réveille.
Commentaires : concernant les
motifs géométriques, je pense qu'ils ont été induits par la lecture d'un
livre la veille (Alice au pays des quanta) dans lequel les électrons sont
stylisés par une minuscule boule avec une épée pointée vers le haut ou vers
le bas suivant leur spin.
D'habitude, je ne suis pas agressive avec mes
personnages de rêve...
Je suis dans un grand bâtiment,
il y a beaucoup de monde et je sais qu'il s'agit d'un rêve. Je demande autour
de moi :
-Quelqu'un sait-il qu'il s'agit d'un rêve ?
Pas de réponse. Je marche un peu plus loin et
m'adresse à un autre groupe de personnes, toujours pas de réponse !
Enfin, au bout de la troisième ou quatrième
fois une dame blonde avec des lunettes me répond oui.
Je ne me souviens plus de la suite.
... (Je rêve, mais je ne suis pas lucide).
J'entre dans un bureau de poste pour faire une transaction bancaire, mais il y a
une file d'attente trop longue et je décide de ressortir. Soudain, quelqu'un
dans la file m'interpelle :
- Evelyne, tu manques de patience dans ce rêve
!
- Ah, ça alors, j'étais vraiment persuadée
que j'étais à l'état de veille habituel, fis-je en me retournant.
C'était le même personnage que dans le rêve
précédent. Je le remercie chaleureusement de m'avoir rendu lucide puis me réveille
hélas.
Commentaire : un personnage
de rêve me fait prendre conscience que je rêve, le phénomène est assez rare.
Le cinglé.
(Nuit du 8 au 9 /04/2006)
… je suis dans mon ancienne chambre à Paris et je sais que
je rêve. J’ouvre la fenêtre, c’est une belle journée printanière. Je décide
de sauter et de voler pour rejoindre un toit en contrebas car cela est toujours
très amusant. Des badauds en bas m’aperçoivent, inquiets, ils m’exhortent
de ne pas sauter ! Bon, je suis sûre de rêver me dis-je, mais on n’est
jamais trop prudente. Je fais donc quelques test de matérialité : par
exemple le verre de la fenêtre devient malléable puis disparaît sous la
pression de ma main, de même que la fenêtre entière… Donc pas de problème,
je rêve.
Je saute, puis chute 1 ou 2 secondes, puis je remonte afin de me
poser doucement sur le fameux toit. Je marche dessus, j’aperçois un peu plus
loin une plage et je m’envole vers la mer, puis je reviens vers la ville et
marche tranquillement sur le trottoir afin de voir si je peux rencontrer l’un
des badauds vu tout à l’heure. Je passe à coté de lui et il me reconnaît !
«Ah, mais c’est vous le cinglé qui avait sauté du
haut de l’immeuble tout à l’heure, c’est de la folie !»
«Pourtant, je ne me suis fait aucun mal et vais très
bien, savez-vous pourquoi ?»
«Non, mais il y a sûrement un truc !»
«Oui, il y a un truc et il est très simple : ce
monde n’est pas réel, donc je ne peux pas me faire mal !»
«Hi,hi,hi vous avez vraiment perdu la raison, car cela
n’est pas possible !»
«Regardez, je vais vous prouver le contraire »,
ma main traverse alors un petit muret en pierre qui finit par disparaître. «Donnez-moi
votre main, vous allez essayer vous-même sur un autre élément du décor.»
«Non, non, non !»
«Quoi non, vous refusez de voir la vérité en face ?»
Puis hélas, je me réveille car ma gorge me chatouillait et m’a donné envie
de tousser.
… vers le matin, je suis allongée dans mon lit,
sensation de flottement de mon corps… Je me lève et je sais que je rêve, de
plus, ma chambre n’est pas ma chambre habituelle. Je passe à travers la fenêtre
et me retrouve dans une rue, j’interpelle deux passants au hasard. Ce sont
deux jeunes femmes. Je leur demande le nom de la ville, elles ne le savent pas.
Sachant que les personnages de rêve n’existent pas avant que le rêveur ne
les crée, je demande à l’une :
« Que faisiez-vous hier à la même heure ? »
Elle réfléchit…
« Bon, plus simplement, que faisiez-vous hier ? »
Elle réfléchit encore et me dit qu’elle n’en sait rien.
« Ce n’est pas normal que vous n’arriviez pas à
vous souvenir de cela, qu’en pensez-vous ? » Pas de réponse, la
jeune femme semble vraiment étonnée. Du moment que je n’étais pas avec ma mère,
c’est déjà ça, finit-elle pas me dire. Je vais vous expliquer pourquoi vous
n’avez aucun souvenir d’hier, mais hélas, un bruit extérieur finit par me
réveiller.
Commentaire : il serait intéressant que je me pose
aussi la question à moi-même pour mesurer la profondeur de ma lucidité !
et cela sans me réveiller.
… Le début du rêve n’est pas lucide et occupe environ
1/3 du temps du rêve : je circule en voiture, puis je me gare dans un parc
et promène mon chien Virgile, il fait assez sombre. Une autre voiture vient se
garer près de la mienne, un homme et une femme plutôt sympathiques en sortent
et nous discutons (je ne me souviens plus de quoi). L’homme me demande alors
l’age de mon chien. Je réfléchis, j’hésite : il doit avoir environ 7
ou 8 ans, répondis-je. Cette incertitude m’interpelle, je me remémore alors
qu’après Virgile, j’ai eu un autre chien qui est mort il y a quelques années,
donc il y a une incohérence chronologique dans ce que je vis en ce moment, donc
je rêve !
-Hi,hi,hi, savez-vous, dis-je à mes deux interlocuteurs,
qu’il s’agit d’un rêve, nous sommes dans un rêve !
(Je m’abstiens de leur poser les questions difficiles
habituelles : qui est le rêveur, quelle est la nature du rêve, pourquoi y
a-t-il quelque chose plutôt que rien etc. car ils ne me semblent pas capables
d’y répondre en dehors d’un silence courtois.)
J’envisage alors de faire mes petits tours de magies
habituels pour étayer mes propos : par exemple, je traverse le pare-brise
de leur voiture avec ma main. L’homme tente la même expérience, mais sa main
est arrêtée par le verre.
-Allez, lui dis-je, cessez donc de croire que votre
main ou le verre sont solides, insistez.
Très satisfait de lui, il réussit
enfin l’expérience...
Je lui propose de transformer n’importe quels petits
objets qu’il me donne en autre chose selon son choix. Il me donne deux petites
figurines en plastique et souhaite que je les transforme en une ceinture. Je
malaxe les deux objets dans ma main et au bout de quelques secondes apparaît
une belle ceinture enroulée sur elle-même. Je la déroule, elle fait au moins
2 mètres
de long ! Ensuite, il me donne 5 ou 6 petits objets métalliques. Tiens,
des « diaminos » lui dis-je, je vous propose de les enterrer et en
quelques secondes une belle fleur va pousser. Il pousse en fait des sortes de
pissenlits, pas très esthétiques et dont certaines feuilles ont été grignotées
par des insectes. Voyez jusqu’où va se loger le réalisme des structures créées,
même les dégâts des insectes sont imités !
Puis, je me réveille.
Commentaire : je regarde mon réveil, il est 7h50 et
j’ai un peu mal à la tête. Dans le rêve, j’ai utilisé le mot « diaminos »
alors qu’il s’agissait d’osselets, je ne comprends pas pourquoi j’ai
fait cette erreur d’appellation !
En rêve lucide, nous ne sommes limités que
par notre propre imagination, la quantité d'énergie dont nous disposons
(personnellement, je n'arrive à rien si je suis fatiguée) et aussi la saisie
(émotionnelle) que nous effectuons sur ce qui nous arrive. D'autre part, j'ai
remarqué qu'une fréquence trop élevée de rêves lucides par rapport aux
rêves habituels non lucides était moins reposant pour le corps...
Souvent, le rêve lucide et la réalité habituelle se confondent si bien, que je dois
faire quelques tests pour les différencier : comme par exemple, l'absence de
gravité ou encore l'immatérialité des objets (ce dernier test n'étant pas
toujours fiable !). Parfois, toutes ces vérifications sont inutiles, car je
sais que je rêve sans l'ombre d'un doute, une sorte de pic de clarté
peut-être ?
En ce qui concerne mes personnages de rêve, ils sont plutôt basiques (je
n'ignore pas qu'ils ne sont que des tentacules de moi-même), mais parfois, ils
ne manquent pas d'humour. Certains personnages de rêve sont plus lucides que
d'autres car ils savent qu'il s'agit d'un rêve et me le font même savoir, ce
qui me permet moi-même d'accéder à la lucidité. Néanmoins, cette situation
est relativement rare.
J'ai constaté, que dans la plupart de mes rêves lucides, je cherchais
systématiquement à prouver aux personnages de rêve la non réalité des
choses au sens physique habituel de ce terme, à savoir que le décor et son
contenu étaient une illusion. C'est une constante qui revient souvent chez moi
et qui doit sûrement en dire long sur ma personnalité...!
Il m'arrive aussi de faire des rêves lucides dans lesquels
je n'ai aucun pouvoir, c'est à dire que les objets restes solides, je ne peux
les transformer en quoi que ce soit d'autre, je ne peux m'envoler etc.,
exactement comme dans la situation de veille habituelle. Pourquoi ? Je ne sais
pas exactement, peut-être parce que ces potentialités sont inhibées par manque "d'énergie" ? De plus, j'ai tendance à ne pas retenir, ni écrire ce type de rêve
lucide car
je le trouve sans intérêt, mais c'est peut-être une erreur.
Et enfin, si notre réalité habituelle n'était qu'un immense rêve, et surtout non lucide ?
L'étape suivante serait de vérifier expérimentalement avec
des rêveurs lucides, si le rêve partagé est possible. C'est à dire de faire
le même rêve en même temps ! Cela ouvrirait de fantastiques perspectives. J'ai lu sur Internet quelques cas très rares, mais
il s'agissait surtout de rêves non lucides !
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