Récits de rêves lucides

Accueil
Premières expériences
Nouvelles expériences
Récits de rêves lucides
EHC ou rêve lucide ?
Un état curieux
Comment rêver lucidement ?
Questions et remarques des internautes
Liens et livres
E-mail

Introduction

Ils ne me croient pas !
La grande bassine.
Le gros chien.
Un grand magasin.
Kiki.
La librairie.
Le fantôme.
La buvette.
La femme blonde.
Carl Sagan.
L'entreprise.
Les gamins.
Ma mère.
L'Enigme.
Un collègue de travail.
Le rêvé sait qu'il rêve !
Lecture.
Devinette.
Transfert de conscience.
Emanations mortes ?
L'état intermédiaire ou E.I.
Compréhension directe.
Divers scènes.
Le bureau de poste.
Le cinglé.
Absence de mémoire.
Un homme et une femme.

Conclusion


Introduction :

    Je me propose dans les lignes qui vont suivre, d'exposer quelques uns de mes rêves lucides, dans l'ordre chronologique de leur apparition. J'ai essayé de donner un titre à chacun d'eux.

 
Ils ne me croient pas !
(nuit du 8 au 9 avril 1998)
    ...Je prends conscience de rêver. Je survole à différentes hauteurs du sol : des rues , des zones campagnardes. J'arrive au bout d'une allée pavée que longe un mur de briques assez haut (j'avais vu la veille sur la couverture d'un livre un dessin stylisé analogue à ce mur) derrière lequel je vois la campagne environnante. Facile me dis-je, d'un saut je vais pouvoir passer de l'autre côté . A quelques mètres du mur, je remarque un homme qui promène son chien, un berger allemand . Tout à coup, le mur s'est agrandi en hauteur et un plafond s'est formé, m'empêchant de voir le paysage ! Je vais me débrouiller autrement, réfléchissons : je mets ma main en avant pour cacher à la fois le haut du mur et le plafond, puis, me dis-je mentalement, lorsque je retirerai ma main, le plafond aura disparu et je verrai de nouveau le paysage . Eh bien, c'est raté, tout est resté à la même place ! Le chien s'approche de moi, je le caresse. Curieusement, le plafond a disparu, le mur a repris sa taille de départ et je vois le paysage . Néanmoins, je décide de poursuivre le long de l'allée pavée ...
J'arrive sur une place très animée, avec beaucoup de commerces . Je m'arrête devant l'un d'eux au hasard, une boutique de vêtements . Une dame en sort, elle ressemble vaguement à une collègue de travail vue la veille, professeur de mathématiques. Elle me vante les qualités de sa nouvelle ligne de robes en utilisant dans son discours des termes mathématiques inadéquats (selon mon opinion). Je lui révèle enfin qu'elle n'a aucune existence réelle, puisque je la rêve, elle et son commerce ! Elle rit aux éclats et me prend pour une sorte d'illuminée . Je lui rétorque que je peux lui prouver ce que j'avance et la prends (un peu brutalement !) par le bras : "venez", lui dis-je . "Arrêtez", me répond-elle, "lâchez-moi le bras sinon je hurle !..." Je la laisse tranquille puis me réveille...
...Je me rendors, toujours lucidement : 
Je me tiens debout, sous une grande voûte de pierre qui est l'une des entrées d'une grande pièce plutôt sombre . Un garçonnet d'une dizaine d'années s'avance vers moi. Je m'accroupis, le salue et lui demande comment il s'appelle . Il me répond un prénom que j'ai oublié . Puis la salle devient de plus en plus claire, d'autres enfants entrent, puis des adultes . Ces derniers discutent de pédagogie . Je les interromps dans leur discussion . Quant à moi, leur dis-je, je m'intéresse aux rêves . 
"Aaah, le rêve..." me répond l'homme qui se tient sur ma droite, accoudé près d'une cheminée . 
"Oui, mais uniquement au rêve lucide", répondis-je, "je vous explique : il s'agit de prendre conscience du fait que nous sommes en train de rêver sans se réveiller. Voyez-vous, en ce moment je vous rêve tous, le cadre, la salle, les meubles, les personnages que vous êtes n'ont aucune existence réelle . Tout cela n'est qu'une création mentale de mon cerveau ". J'observe alors un petit sourire amusé sur les lèvres de mes personnages oniriques, ils ne me croient pas ! "Je peux vous le prouver très simplement : regardez ce fauteuil en cuir, il n'a aucune matérialité contrairement aux apparences car vous pouvez enfoncer sans difficulté votre main à l'intérieur". j'enfonce ma main onirique dans le fauteuil . La sensation est spéciale, mais toujours la même avec plus ou moins d'intensité : j'ai l'impression d'un contact volumique avec l'objet comme si chaque atome onirique de ce dernier entrait en contact avec chaque atome onirique de ma main (dans la réalité physique, lorsqu'on plonge sa main dans un liquide, la sensation est très différente, car le contact n'est que surfacique). "Essayez", dis-je ! L'un des personnages tente l'expérience, sa main s'enfonce facilement, comme si le fauteuil n'était qu'une sorte d'hologramme . Il est très étonné de ce résultat et s'éloigne de moi, par crainte me semble-t-il ...
    Je me réveille .

Commentaire : curieusement, les personnages de rêve ne me croient jamais si je leur dis qu'il s'agit d'un rêve. Vous, lecteur(trice), vous auriez sûrement la même attitude qu'eux à mon égard, si je vous disais la même chose maintenant !  Je pense que cela est normal car le rêve reproduit le même paradigme que nous avons tous en commun sur la réalité.
Néanmoins, concernant le rêve lucide, je peux prouver facilement aux personnages oniriques qu'il s'agit d'un rêve : il suffit de leur montrer l'immatérialité du décor et de leur propre corps. Je reconnais que cela semble beaucoup les perturber !

   

 
La grande bassine.
(fin de nuit du 15/04/1998)
    ... Je suis dans la pièce du bas de la grande maison. Ma mère entre, regarde par la fenêtre. Affolée, elle voit son père (décédé depuis 1993) à demi-nu, se lavant dans la grande bassine verte. Son épouse (décédée elle aussi) lui verse de l'eau sur le dos.
"Regarde, il est complètement fou, il va attraper froid, il y a pourtant une salle de bain dans la maison !" me crie ma mère.
"Attends", lui répondis-je, "je crois que tout ceci n'est qu'un rêve, tout est faux. Pour le vérifier, je vais traverser la fenêtre sans l'ouvrir. Si j'y arrive, tu en auras la preuve." Je m'élance, passe à travers la vitre et me retrouve à l'extérieur.
"Coucou", fis-je à ma mère, "tout ceci n'est qu'un rêve lucide !"
    Je me réveille.

 

Le gros chien.
(fin de nuit du 15/04/1998)
    (En faux-éveil), c'est le matin, je me lève de mon lit. Je marche vers la cuisine. Je réfléchis, suis-je vraiment réveillée ou encore en rêve lucide ? Vérifions si les murs sont bien solides : j'applique mes mains dessus, oui, c'est solide. J'ai un doute, je saute en l'air pour vérifier si je flotte. Ne retombant pas sur le sol, je conclus immédiatement que je suis toujours endormie.
    (En rêve lucide), je traverse la fenêtre de la cuisine, je suis dans une pièce inconnue, je re-traverse encore une fenêtre, nouvelle pièce inconnue. Je remarque au sommet de l'un des murs, un énorme téléphone à cadran beige, il mesure environ 50 cm de coté ! (j'ai le même téléphone dans ma cuisine, mais avec une taille normale et gris). Je décide de décrocher le combiné et de faire un numéro, pensant que le résultat risquerait d'être amusant. 05 24 56, ce n'est pas la peine de faire un numéro juste, me dis-je, puisque je suis en rêve lucide. Au bout de quelques instants, une voix un peu rauque parle à l'autre bout du fil : 
"1" me dit-elle.
"1" répondis-je.
"23" me dit-elle.
"23" répondis-je.
"Vas-tu continuer longtemps à répéter tout ce que je dis ? Cela fait des milliers d'années que je te connais, j'ai connu beaucoup de personnages" (la voix rauque m'énumère une liste de personnages célèbres).
Je lui fait remarquer en riant, qu'il manque Jules César à son répertoire, puis je raccroche.
Un gros chien marron à poils ras (genre labrador) est assis sur le sol, il me parle avec la même voix rauque du téléphone. Il m'inonde d'informations hétéroclites à un tel débit, que je n'y comprends rien. "Arrête de parler", lui dis-je, "j'ai une question à te poser" : je lui explique le fonctionnement d'un capteur photoélectronique et lui demande si cela fonctionnera ?
"Mais, par où va entrer la lumière ?" me demande-t-il. Apparemment, il n'a rien compris, je lui explique de nouveau.
"Mais, je ne sais pas !" me dit-il.
"Pourquoi mon personnage de rêve est-il un chien ?" demandai-je.
"Parce que tu aimes bien les chiens." Et il pose sa grosse tête sur ma cuisse, je le caresse.
    Je me réveille.

Commentaires : quelques jours auparavant, à l'état de veille, je m'étais dit qu'il serait amusant de faire parler des animaux et d'éduquer mes personnages de rêve afin qu'ils ne soient pas trop stupides (du moins pas plus que moi-même).

  

 
Un grand magasin.
(fin de nuit du 16/04/1998)
    ... En rêve lucide, je marche sur un trottoir. Je m'arrête devant un grand magasin d'électroménagers, puis j'entre. Je vois au fond, une vendeuse qui s'avance vers moi. Je réfléchis quelques secondes et décide de lui demander un article aberrant :
"Bonjour madame, auriez-vous un réfrigérateur qui fasse du chaud ?"
"Bien sur, suivez-moi, je vais vous montrer." Je suis très étonnée de sa réponse, pensant qu'elle me traiterait de farceuse, je la suis. Elle me montre alors une sorte de convecteur rectangulaire avec des résistances chauffantes ! "Et si je veux avoir du froid", demandai-je ? "Il suffit de lui ajouter cette petite boite ici, et vous aurez du froid." (La boite avait la forme et la couleur de l'étui à lunette de B, vu la veille à l'état de veille).
    ... Changement de scène, je suis sur le sommet d'une grande colline. Je vois en contre-bas (dénivellation environ 1000 mètres), une plaine verdoyante et quelques maisons, plus ou moins cachées par le feuillage des arbres. Je m'élance dans le vide pour un superbe vol, en imitant le mouvement d'un avion et je m'approche doucement du sol. Ce dernier me procure une image peu satisfaisante, car manquant de résolution, semblable aux images de synthèse du logiciel -Flight Simulator- que je possède.
    Je me réveille.

Commentaire : le rêve reprend assez souvent dans son scénario des objets (la plupart insignifiants) vus la veille ou l'avant veille.

 
Kiki.
(fin de nuit du 30/04/1998)
Le début du rêve est non lucide :
... il fait jour, je suis avec ma mère dans une pièce qui ressemble à sa chambre, mais en plus grand. Nous voyons assis sur son lit et en pleine forme, Jacques (alias Kiki, personnage décédé depuis avril 97) . Cette anomalie me fait prendre immédiatement conscience que je rêve ! En rêve lucide :
Je dis à ma mère : " Tu sais bien que Kiki est mort ! ". Elle réfléchit un instant, et me répond oui.
Je reprends : " Tu comprends qu’il ne peut pas être à la fois mort et vivant, donc tout ceci n’est qu’un rêve que je crée en ce moment ! ". Elle semble perplexe ...
Je reprends : " Pose lui quelques questions pour voir. " C’est alors que Kiki prend part à la conversation pour nous dire : " Je ne répondrai à aucune question. "
    La scène s’évanouit. Je me réveille.

Commentaire : l'une des méthodes pour basculer du rêve normal vers le rêve lucide est de prendre conscience de l'absurdité du rêve. Cela n'est pas facile, car le rêveur habituel ne se rend pas compte des incohérences de son rêve (sauf au réveil, mais c'est trop tard !).

 
La librairie.
(nuit du 6/05/1998)
  Ce rêve n'est pas lucide, mais il est amusant :
...j’entre dans une librairie, m’approche d’un présentoir sur lequel différents magazines sont rangés . Je remarque une revue d’électronique que j’achète parfois : dans ce numéro, il est possible de construire un détecteur de vibrations mécaniques . Je le prends et me dirige vers la caisse . "173 F" me dit la vendeuse . "C’est curieux, les numéros précédents ne coûtaient que 44 F ! " répondis-je. Elle se renseigne par téléphone . "C’est bien 173 F, il y a eu un changement de prix". Je lui donne un billet de 200 F. Elle me rend 2 pièces de 1 F et le reste sous la forme de 2 rouleaux de scotch à moitiés entamés . "Mais, je ne veux pas de rouleaux de scotch ",  lui dis-je . "C’est votre monnaie, c’est comme ça ". Je m’aperçois d’une longue queue de clients qui attendent derrière moi, la patronne (Mme P de N le V) arrive . "Laissez, je m’en occupe, vous allez voir", dit-elle discrètement à son employé . " Rendez-moi ma monnaie", lui dis-je, "je ne veux pas de ces vieux rouleaux de scotch !". "Ce n’est pas possible", me répond-elle . "Tant pis, je ne prends plus la revue et rendez-moi mes 200 F".  "C’est trop tard ! " me dit-elle . Je réfléchis un instant et me dis : "quel dommage que je ne sois pas en rêve lucide, j’aurais saccagé toute sa librairie". Je me ravise : "Oh et puis tant pis, c’est une sacrée ordure cette bonne femme, je vais le faire quand même !". En faisant attention à ne pas blesser les clients, je mets à sac le magasin : revues, livres et étagères volent dans tous les sens...
   
Je me réveille.

Commentaire : La veille à l’état de veille, j’avais cherché un rouleau de scotch et j'avais aussi pensé à l’interféromètre de Michelson comme détecteur de vibrations mécaniques. Je trouve amusant d'introduire la notion de rêve lucide dans un rêve qui ne l'est pas. Bien que je me sois posé la question, cela ne m'a pas fait basculer dans la lucidité !

 
Le fantôme.
(fin de nuit du 25/05/1998)
    ... Je suis allongée sur mon lit, une couette recouvre mon corps (sauf la tête). Je vois ma chambre, plongée dans la pénombre, telle qu'elle est normalement. En même temps, se présente devant moi une jeune femme aux traits fins et réguliers, mais formée uniquement d'un brouillard blanc (corps et vêtements compris). Je prends alors conscience que je suis à l'état de rêve et non réveillée, malgré l'apparence normale de ma chambre. La forme s'approche de moi doucement, se penche et me traverse. Je ne vois plus qu'un brouillard avec des zones de différentes densités. "Eh, je ne vous vois plus !", lui dis-je. Elle se recule, je vois de nouveau son visage.
Je lui demande : "Etes-vous quelqu'un de mort"?
"Non".
"Etes-vous un fantôme"?
"Non".
Elle s'assoit au bout de mon lit. "Au moins, vous n'êtes pas lourde", lui fis-je remarquer en riant, "quel âge avez-vous ?"
"Trente ans."
"Et, que faite-vous dans la vie ? "
"Je suis secrétaire (..?..) agricole à J-P."
Elle semble alors inquiète et se lève. Je la vois s'éloigner, passant par ma porte de chambre ouverte. Je remarque un point incandescent sur la partie gauche de sa forme à mi-hauteur. Je décide de la suivre et me lève (en corps de rêve). Je perçois maintenant la jeune personne comme un être-humain habituel, le point incandescent est une cigarette avec des volutes de fumée. "Eh en plus, vous fumez !", lui dis-je. Nous sommes dans la cuisine de ma maison et regardons par la fenêtre (les volets sont ouverts). En vérité, je sais qu'ils sont fermés dans la réalité habituelle.
"La porte d'entrée du portail est entr'ouverte !" me dit-elle très angoissée. "Oui, mais ce n'est qu'une illusion" lui dis-je, "je sais qu'elle est fermée". Soudain, une dame blonde et forte entre par cette porte et marche dans notre direction. Elle est habillée d'un bel ensemble bleu. Nous passons à travers les vitres de la fenêtre, je la salue, elle me répond en inclinant la tête vers l'avant.
    La scène se déforme et je me réveille.

Commentaires : le début du rêve est assez étrange... La conversation avec ce personnage est plutôt rudimentaire. Je n'ai pas senti l'odeur de la fumée de cigarette.

 
La buvette.
(fin de nuit du 16/10/1998)
    ... Je marche sur le trottoir en ciment qui longe mon pavillon. Soudain, je me sens légère et soulevée verticalement, je dépasse la hauteur du toit. Cette situation insolite et agréable me renseigne immédiatement que je rêve ! Je décide alors de voler horizontalement à une trentaine de mètres de hauteur, au-dessus de la propriété. Je remarque que pour une fois, les maisons et les arbres sont à leur bonne place, sauf la route qui est en terre battue (en réalité, elle est goudronnée). Toujours en volant, je dépasse les limites de la propriété : un paysage verdoyant avec de beaux arbres défile sous mes yeux (je ne pense pas qu'il corresponde au paysage réel). Je passe au-dessus d'une petite rivière qui serpente dans les hautes herbes et je décide de descendre. Je m'approche de plus en plus près des herbes, les traverse et observe des sortes de cellules vertes, puis m'enfonce dans le sol de couleur marron. Le lieu n'étant pas intéressant, je ferme les yeux et décide de retourner à mon point de départ (mon pavillon). Je me sens aspirée, puis j'ouvre les yeux, je suis de nouveau au-dessus de mon toit. Je vole à peu près à la même altitude, mais le paysage local a changé : il est désertique, très peu de végétation, beaucoup de sable et du vent. Je me souviens avoir décidé, à l'état de veille, de poser certaines questions à mes personnages oniriques. Mais, il n'y a personne ! 
"Coucou...", fis-je, "il y a quelqu'un ?" Quelques secondes plus tard, une voiture apparaît au loin et se gare, puis je remarque sur la gauche, une sorte de buvette. J'atterris et m'approche en marchant. Un client est assis au bar avec sa consommation. La serveuse vient vers moi. "Bonjour", fis-je, "puis-je avoir un café ?" Elle me sert immédiatement un café, dans une petite tasse blanche (les mêmes que B). 
"Combien vous dois-je ?" 
"80 F".
Mentalement, je pense que c'est une erreur et sors de ma poche une pièce de 1 F !
"Il m'en faut 2450 comme celle-ci", me dit-elle.
"Oh, il est cher votre café !"
"Oui", dit-elle, "mais il est très bon, c'est une recette spéciale." 
Un client sur ma droite, pose sur une coupelle, une coupure de billet qui m'est inconnue. Je regarde attentivement le billet et me dis que je vais en créer autant que nécessaire, puisque je rêve. En effet, je sors de ma poche deux billets identiques à ceux vus précédemment, mais apparemment, cela ne suffit pas. Je sors alors une grosse coupure. La serveuse est étonnée, l'examine de près et semble ravie. Je constate qu'il y a beaucoup de monde autour de moi : hommes et femmes de différentes races. Je décide de poser mes questions à l'ensemble de ces personnages.
"Est ce que vous vous souvenez de vos rêves, lorsque vous vous réveillez le matin ?"
"Je rêve, mais je ne m'en souviens jamais", dit l'un.
"Je rêve et je m'en souviens", dit la serveuse.
"Ah, très bien", répondis-je, "en ce moment, je vous rêve !"
La serveuse semble gênée : "vous avez envie de moi ?!" (dans le sens : je rêve d'elle).
"Mais non, vous n'avez pas compris, je vous crée, ainsi que les autres personnages et le décor."
"Ah ça, c'est impossible !", me dit-elle.
"Je vous assure que c'est vrai, la preuve : n'avez-vous pas remarqué que je sortais les billets, il y a quelques minutes, aussi souvent que nécessaire ? Vous en avez même abusé, n'est-ce pas ?" Elle reste très perplexe...
"J'ai une question à vous poser : que devenez-vous lorsque je me réveille ?"
Elle réfléchit et me répond : "Il n'y a pas de réponse et il n'y a pas de question."
"Si, il y a ma question : qu'allez-vous devenir lorsque dans quelques instants, je vais me réveiller ?"
"Je ne sais pas", finit-elle par répondre.
Je vois sa tête, ainsi que celle des autres personnages qui écoutaient très attentivement, s'éloigner de moi comme un zoom.
    Je me réveille.

Commentaires : voler en rêve est toujours très agréable, cela procure une sensation de liberté infinie... 
Il est curieux de constater que le personnage de rêve, ici la serveuse, ait des difficultés à répondre à ma dernière question. Non pas que la question soit simple, bien au contraire, mais le personnage pourrait utiliser les informations que je possède dans ma mémoire. Apparemment, il ne le fait pas ou ne peut pas le faire. Ces informations sont par exemple :
    1) nous cessons d'exister. 
    2) nous continuons d'exister dans la mémoire cellulaire du rêveur, puisque nous sommes aussi le rêveur, bien que notre apparence soit différente d'un rêve à l'autre.
    3) nous existons indépendamment du rêveur.
    4) ?

 
La femme blonde.
(nuit du 25/10/1998)
    ...Je suis allongée sur le ventre dans mon lit, avec une sensation de vibration dans tout le corps. Je sais que cet état particulier me permet de basculer, si je le désire, vers le rêve lucide. Ce que je décide de faire : je suis dans une pièce qui ressemble à ma chambre (avec beaucoup de tableaux aux murs), je traverse le mur, je me retrouve dans la même pièce ! Je retraverse etc. Enfin, je suis à l'extérieur. Je vole au-dessus d'un marché, il y a beaucoup de monde. Je me souviens que je dois poser ma question, mais je décide de revenir dans ma chambre, car je ne pense pas que les vendeurs de légumes ou de poissons puissent y répondre.
    Je me sens de nouveau allongée sur le ventre dans mon lit, avec la même vibration. Je décide de m'envoler et de chercher une université et un professeur de physique. Je survole des bâtiments qui ressemblent à une faculté. J'aperçois une dame blonde, un peu âgée, en blouse blanche, près d'un des bâtiments. Je m'approche et lui dis que je cherche un professeur de physique.
"Oui, me dit-elle, monsieur......, mais il faut que je le matérialise et je ne sais pas comment faire !"
"Ah, c'est dommage, vous connaissez ma question ?"
"Oui".
"C'est bien, au moins, je n'ai pas à re-expliquer depuis le début".
Mais hélas, je me réveille à la fin de cette dernière phrase. (Il y avait beaucoup de vent dehors, ce bruit m'a peut-être réveillé, il est 3h47).

Commentaire : le personnage de rêve (la femme blonde) connaît ma question et parle de matérialisation. Ceci est un grand progrès par rapport à la routine habituelle ! Peut-on, à l'état de veille, éduquer ses personnages de rêve pour qu'ils changent de paradigme ? Je pense que oui.

 
Carl Sagan.
(fin de nuit du 25/10/1998)
...Je marche sur la pelouse de la propriété. Il fait sombre, il y a beaucoup de vent et les arbres ploient sous son effet. A chacune des rafales, un des sapins parvient même à effleurer le toit de la grande maison. Je remarque que curieusement, il y a une fenêtre en plus, ce qui n'est pas possible, donc je rêve ! Il fait presque nuit, je décide de m'envoler vers l'ouest, à la recherche d'une université. Il fait plein jour, je survole une sorte de zone militaire avec aussi des civils. Je m'approche d'un bâtiment qui semble être un restaurant. Un homme se tient à l'entrée, derrière une caisse enregistreuse.
"Bonjour, je cherche un professeur de physique."
"Oui, nous avons justement là quelqu'un de sérieux en maths, sciences. Suivez-moi !" 
Je le suis, il me présente un homme qui ressemble vaguement à Carl Sagan, mal rasé. Je lui tends ma main droite pour le saluer tout en remarquant que cette dernière est sale, pleine de boue. Il me la serre quand même, un peu dégoûté ! 
"J'ai une question à vous poser, un peu paradoxale, c'est un problème que je n'ai pas réussi à résoudre et je serais curieuse de voir comment vous allez vous en sortir !" Il semble inquiet. Je remarque deux jeunes femmes à ses cotés qui m'écoutent :
"En ce moment, je suis en train de vous rêver et vous n'avez donc aucune existence réelle !"
L'une des jeunes femmes parle à l'autre et lui dit : "Tiens, cela pourrait expliquer ce qui nous est arrivé quand..."
"Chuut, s'il vous plait, que je puisse poser ma question : qu'allez-vous devenir, vous mes personnages oniriques, lorsque je vais me réveiller ?"
Le professeur reste perplexe et au bout d'un temps assez long, il finit par me dire qu'il n'en sait rien.
    Je me reveille.

Commentaires : 
    1) Dommage de m'être réveillée trop vite, je n'ai pas eu le temps de lui dire que c'était un abruti complet.
    2) Si j'avais su, je n'aurais pas interrompu les deux jeunes femmes.
    3) Si j'avais été à la place du professeur, j'aurais répondu de la manière suivante : "qui me garantit que vous rêveur,  existait vraiment ou du moins plus que moi-même ? Et si nous n'existons pas réellement, la question de savoir ce que nous devenons lorsque vous vous réveillez n'a pas de sens. "

 
L'entreprise.
(fin de nuit du 1/11/1998)
    Dans l'état intermédiaire, c'est à dire : je suis allongée dans mon lit, sur le côté gauche, mais, je sais que je ne suis pas réveillée car mon corps physique est paralysé et je n'ai aucune image mentale. J'ouvre mes "yeux oniriques" et place ma "main onirique" dans mon champ de vision : cette dernière a l'aspect d'un joli brouillard bleuté. Je décide alors de basculer dans le rêve lucide.
...Je suis à l'intérieur d'une sorte d'entreprise, genre restaurant de cantine. Quelques personnes sont présentes et travaillent.
"Bonjour", fis-je, "qui est votre chef d'entreprise ?"
Un homme barbu d'une cinquantaine d'années s'approche.
"C'est moi", dit-il.
"Eh bien non", répondis-je, "c'est moi, puisque vous n'êtes que le fruit de mes pensées, qu'une construction onirique. La preuve, ce pilier en béton, regardez comme votre main s'y enfonce facilement !" (J'ai pris sa main pour faire l'expérience).
...Je ne me souviens plus.
Deux ou trois personnes sont encore présentes, sauf le monsieur barbu. J'ai une question : "Que devenez-vous lorsque je me réveille ?" Une dame blonde, la cinquantaine, ne semble pas convaincue que je la rêve.
"Vous avez pourtant vu la démonstration avec le bloc de béton", lui dis-je, "donnez moi votre main et regardez ".
"Non", me dit-elle,"ça va me faire mal !"
"Mais non, ça ne fait pas mal", et j'enfonce mon index droit dans la paume de sa main.
"Je vais avoir un bleu, maintenant !", me rétorque-t-elle.
"Pouvez-vous répondre à ma question ? (mentalement je pense à une réponse possible)". Mais elle ne me répond pas et diminue de volume, elle ne mesure plus que un ou deux centimètres !
    Je me réveille.

Commentaire : mes personnages oniriques n'apprécient guère mes preuves de l'illusion qu'est le rêve, car en général, ils fuient ! Ils ne répondent pas aux questions difficiles, dommage !

 
Les gamins.
(milieu de nuit du 23/12/1998)
    Je suis allongée dans mon lit, je vois ma chambre, mais à 180 °, c'est à dire avec la fenêtre sur ma gauche (en réalité elle est sur ma droite). Je vois aussi une commode Louis XV sur laquelle est posé un plan en verre ou en plexi-glass contenant de jolies fleurs en inclusion. Je sais que je suis à l'état de rêve, car ces objets n'existent pas dans ma chambre réelle. 
Je décide de continuer à rêver lucidement et je traverse la fenêtre. J'atterris sur la pelouse de la propriété, il fait un temps magnifique, la lumière est superbe. Il y a des dizaines de plans en verre (analogues au précédent), alignés régulièrement sur la pelouse. Des gens s'affairent à disposer des tables. Je remarque une perspective vraiment très belle de tous ces objets, un relief plus intense. Je décide de faire le tour de ma maison en marchant, afin de vérifier s'il y a d'autres modifications. En effet, il manque la pièce de droite et la forme d'une fenêtre a changé. Je me dirige vers l'enclos des poules, ce dernier n'existe plus et a été remplacé par une étendue de sable fin et sec. Je décide de sentir le sable. J'en prends une poignée dans la main et le porte à mon nez. Curieusement, cela sent la bonne terre humide ! Des gamins, d'une quinzaine d'années, m'observent. Je m'approche d'eux. "C'est amusant tout cela", leur dis-je, "au fait, savez-vous que je vous crée, ainsi que le décor ?"
"Ah non", dit l'un d'eux, "ce n'est pas possible, j'existe vraiment !"
"Oui, grâce à moi !", répondis-je.
    ...Nous marchons, puis pénétrons dans une sorte de musée moderne avec une très belle architecture. Les gamins sont ravis d'explorer cette gigantesque structure. Nous montons un très bel escalier. L'ensemble est si beau que j'oublie de poser mes questions ! Arrivée en haut de l'escalier, je montre à l'un des gamins que ma main pénètre sans difficulté dans les magnifiques dalles. Sur notre droite, il y a une fenêtre. "Regarde, mes ongles cognent le verre, cela parait réel", lui dis-je,"mais en vérité, c'est encore une illusion, ma main peut traverser le verre, essaye, tu ne peux pas te blesser". Le gamin plonge sa main dans le verre, il est perplexe, la retire, il observe qu'elle ne présente aucune blessure.
"Que vas-tu devenir lorsque je vais me réveiller ?" lui demandai-je.
"J'espère que je vais continuer d'exister !"
"Que deviennent tes personnages oniriques, lorsque toi-même, tu te réveilles d'un rêve ?" lui demandai-je ?
"Je rêve peu."
"Cela ne change rien !" lui répondis-je.
Nous descendons un grand escalier, il me fait une bise et je me réveille.

Commentaires : la veille, j'ai acheté , dans une grande surface, une plaque de plexi-glass incolore et transparente. J'ai aussi regardé le film : l'Histoire sans fin III. Le rêve a repris ces éléments dans son scénario...

 

Ma mère.
(milieu de nuit du 2 au 3/01/1999)
    ...Je reviens du lycée à pieds, il fait sombre. Je remarque curieusement, que la grande maison est en construction, avec une forme différente par rapport à la même maison en réel. J'entre, ma mère est là, au bout d'un couloir et me dit : 
"Il est 17h40 !"
"Non, il est plus de 19h00 car j'ai dîné au lycée à 19h00", lui répondis-je.
Elle regarde par la fenêtre et me dit :
"Viens voir, la petite maison n'a pas le même aspect que d'habitude, je ne comprends pas ce qui se passe !", s'étonne ma mère. Je réfléchis un instant, j'ai compris, m'exclame-je !
"Ah ?", s'exclame-t-elle à son tour.
"C'est un rêve et c'est moi qui rêve, il faut absolument que tu t'en souviennes demain matin !", lui dis-je. La tête de ma mère se transforme et prend l'aspect d'une femme égyptienne (documentaire sur les pyramides vu la veille à  la télévision) qui essaye de se concentrer sur ce que je viens de dire.
"Bah", lui dis-je, "ça ne sert à rien, puisqu'il n'y a pas de connexion entre ma mère en rêve et ma mère réelle !"
    ...Je me réveille.

Commentaire : après vérification auprès de ma vraie mère le lendemain, cette dernière n'a pas fait le même rêve que moi. Dommage !

 

L'Enigme.
(fin de nuit du 21/11/1999)
...Je vole à quelques mètres de hauteur au-dessus d'un large chemin herbeux d'un beau vert, de chaque coté, de grands arbres s'étendent à perte de vue. Je prends alors conscience de rêver ! La situation est agréable et très esthétique, je continue mon vol. Parfois, une jolie brume diffuse les rayons du soleil à travers les branches des arbres... Puis, le paysage s'assombrit, j'entre dans une zone totalement noire. Néanmoins, je décide de continuer à voler en accélérant, cinq ou six secondes s'écoulent ainsi dans le noir total. Puis graduellement, la lumière revient et un nouveau paysage apparaît. J'atteins la grande terrasse d'une maison. Elle est recouverte d'un carrelage de briques, où poussent entre les joints ça et là, des fleurs de différentes couleurs ne dépassant pas trois centimètres de hauteur. La porte de la baie vitrée est ouverte et plus loin, je vois une femme d'une trentaine d'années assise sur un canapé. Je décide d'entrer et la salue.
"Bonjour mesdames", répond-elle.
Je lui fais remarquer que je ne vois pas d'autres personnes entrer avec moi !
"Regardez là-bas !" me dit-elle. En effet, une autre femme se présente, mais par une autre porte et s'en va.
Je m'assois sur le canapé. L'ensemble de la pièce est décoré avec grand luxe. Je décide de la taquiner un peu pour observer sa réaction et lui dis :
"Regardez ce beau livre à vos pieds !" (En vérité, dans le rêve, il n'y a aucun livre sur le sol.) Mais, à mon grand étonnement, elle se penche, mime de ramasser un livre et de lire son titre. Elle semble avoir des difficultés à le lire... Enfin, je lui dis :
"Tout ceci : décor, personnages, vous, moi, ne sont que des productions mentales. Ma question est : qui pense ?"
Elle réfléchit quelques instants et semble perplexe. "Peut-être que la réponse est dans le livre de l'Enigme ?" me répond-elle.
(...micro-réveil...) 
    Nous marchons dans un long couloir, je sens que je vais me réveiller car les formes deviennent floues... L'environnement se reconstruit, mais la femme n'est plus là. J'entre dans une grande salle, pleine de monde, de tables, de micros et de hauts-parleurs. Cela produit un terrible vacarme ! Je monte sur une table et essaye de faire taire cette foule (car j'ai une question à poser). Un homme prend un micro et couvre complètement ma voix. Cela m'énerve, je lui arrache le micro des mains et lui donne une bonne claque sur l'épaule, ce qui le met au tapis ! Je parle dans le micro, tout le monde m'écoute silencieusement :
"Bien, tout ceci n'est que pensées : vous, moi, le décor, rien n'est réel. La preuve : j'enfonce sans difficultés la main dans cette table !" D'autres personnes font de même à mes côtés et sont très étonnées.
"Ma question est : qui pense tout cela ?"
Je remarque que les gens quittent la salle les uns après les autres. Je m'approche d'un petit groupe et reconnais la dame du début (avant mon micro-réveil). "Avez-vous trouvé le livre dont vous m'avez parlé tout à l'heure ?"
"Non", me répond-elle.
    Je décide de sortir, je marche sur le trottoir droit d'une belle rue pavée. Sur la gauche se dressent de beaux immeubles et sur ma droite, une clôture qui borde un grand parc, recouvert par endroit de petits cailloux beiges. J'arrive me semble-t-il à une station de bus. Là, je reconnais un autre personnage vu au hasard dans la grande salle. "Avez-vous une réponse à ma question ? Pourtant, regardez, on peut modifier tout ce qu'on veut du décor." Un thermomètre à aiguille (identique à un manomètre vu la veille) est attaché à la clôture du parc. Le pointant du doigt, je modifie à distance la position de l'aiguille, le personnage fait de même. Nous faisons quelques pas ensemble, mais manifestement, il n'a pas la réponse à ma question. Nous rebroussons chemin. "Regardez", lui dis-je, "le décor a changé : sur notre gauche, le parc et ses cailloux ont été transformés en immeubles détruits entourés d'une pelouse verte !"
    Je me réveille.

Commentaires : après discussions avec d'autres rêveurs lucides, volontairement, je n'ai pas dis que c'était moi le créateur du décor et des personnages oniriques. Nous sommes peut-être co-créateurs du rêve. Néanmoins, les personnages rencontrés sont toujours aussi basiques (je n'ignore pas que ce sont des extensions de moi-même) !
    Hypothèse : lorsque j'entre dans une zone noire, peut-être que mon cerveau est alors en manque d'une certaine substance chimique qu'il lui faut renouveler pour créer et percevoir les images du rêve ?

 
Un collègue de travail.
(fin de nuit du 30/12/1999)
   ...Je suis dans ce qui me semble être la cave d'une maison. Je sais que je rêve. Les murs sont en parpaing brut, le sol en terre battue. Deux fenêtres sont closes. J'ouvre l'une d'elles et me retrouve à l'extérieur... Puis de nouveau dans la cave d'une autre maison. Je me dirige vers un escalier, sur la gauche. J'entends la voix d'un homme qui vient du haut de l'escalier. C'est exactement la même que celle d'un collègue de travail : D, professeur de mathématiques. En effet, quelques secondes plus tard, D descend l'escalier, accompagné d'une jeune femme, à qui il donnait un cours de maths. Nous nous saluons. D m'explique qu'il a dit exprès n'importe quoi à son élève du genre : "le spectre des rideaux s'inverse si ..." C'est tellement incohérent, que je n'arrive pas à retenir ce qu'il me dit, même en me concentrant. "J'ai une question à te poser ", lui dis-je, "vous pouvez rester ", m'adressant à son élève, mais apparemment, cela ne l'intéresse pas. D et moi-même marchons le long d'une rue, il fait sombre, je réfléchis à la manière de m'y prendre pour lui poser mes questions sans le heurter trop vite !...
"Est-ce que tu te souviens de tes rêves ?"
"Oui, parfois."
Je poursuis, "j'ai fait un rêve étrange : j'ai rêvé que je te rencontrais au pied de l'escalier de ta cave, tu venais de donner un cours de maths aberrant à la jeune personne que nous venons de quitter. Puis nous march(i)ons dans la rue comme en ce moment... Bref, je nous rêve. Quelle explication as-tu de cela ?"
    D devient très perplexe, il ne dit rien, réfléchit... Mais hélas, je me réveille.
 

Le rêvé sait qu'il rêve !
Fin de nuit du 27/12/2000.
    Le début du rêve est non lucide : je suis dans une grande salle, certaines des personnes présentes sont des collègues de travail et l'ambiance est à la fête. Quelques uns dansent au rythme d'une chanson très lente dont la musique ressemble à des chants gutturaux tibétains. Je trouve cette sonorité peu esthétique. Soudain, ma mère m'apostrophe et me dit toute joyeuse :
"Regarde, c'est fantastique, nous sommes en train de faire le même rêve !"
"Ah, oui...!" (Là, je prends enfin conscience de rêver.) Elle poursuit :
"A notre réveil, nous allons nous raconter le même rêve, n'est-ce pas formidable ?
"Bah, ça m'étonnerait, ça fera exactement comme la dernière fois et en plus, à l'époque, tu ne voulais pas croire que c'était un rêve. Il n'y a aucune connexion entre toi et ma vraie mère."
"Mais, ce n'est pas possible... puisqu'on est... dans le même rêve !"
Elle réfléchit intensément, devient perplexe et s'éloigne. Elle revient, mais sous les traits de Thérèse P., une collègue de travail, et me dit :
"Je ne veux pas qu'on me trouve ici !"
"Quelle importance ? puisqu'il s'agit d'un rêve !"
"Non, non, c'est très important. Comment fait-on pour se réveiller ?" me demande-t-elle affolée. Puis, elle se dirige en courant vers un placard et y entre. Je la suis, ouvre le placard, il est vide ! (En rêve lucide, tout est permis me dis-je :-). Je la vois au fond d'un couloir, passant d'une pièce à l'autre, toujours très affolée. Je lui crie :
"Thérèse, reviens.. Je vais t'expliquer comment faire pour te réveiller."
Elle est de nouveau près de moi.
"Bien, nous allons franchir le seuil de cette porte, nous marcherons quelques pas à l'extérieur et tu feras exactement ce que je te dis. D'accord ?"
"D'accord !"
Je la prends par le bras et nous faisons quelques pas :
 
"Maintenant, tu fermes les yeux... Tu visualises ton corps physique endormi dans le lit... Remue doucement quelques muscles... Voilà, tu es réveillée."
   
Et c'est moi qui me réveille du coup !! Je regarde l'horloge, il est 5 h du matin. J'ai une sensation de forte chaleur dans tout le corps qui s'estompe au bout de quelques secondes.

Commentaires : c'est la première fois qu'un personnage de rêve me dit que je rêve et me fait ainsi basculer dans le rêve lucide. C'est un grand progrès ! J'en conclus que ces derniers peuvent s'éduquer lorsque je suis à l'état de veille et que je réfléchis à la meilleure stratégie pour qu'ils soient au top. (Evidemment, selon mes possibilités actuelles : je ne pratique ni la respiration consciente, ni l'ouverture des chakras, ni la méditation etc.)
    Après avoir pris contact avec ma mère (celle en chair et en os :-), comme prévu, nous n'avons pas fait le même rêve, hélas.

 

Lecture.
(fin de nuit du 01/01/2001)
    ... Je suis en pyjama et me lève. Il me semble que je rêve, vérifions le. En effet, je traverse sans problème la porte et me retrouve à l'extérieur. Il fait sombre, je marche pieds nus sur la pelouse. Cette dernière est tondue plus rase que la vraie. Graduellement, il fait plein jour. Je remarque sur le sol trois grands panneaux. Sur chacun d'eux est écrit en très grosses lettres manuscrites, un mot. Tiens, me dis-je, on veut tester ma capacité à lire. Je contourne les panneaux pour être dans le bon sens. Derrière moi, à environ 4 mètres, il y a une foule de personnages de rêve. Ils chuchotent entre eux très discrètement, pour ne pas gêner ma concentration et semblent me noter. Bon, je lis, 1er panneau : "ça", 2ème panneau : "fait", 3ème panneau :"agir". D'autres panneaux surgissent, ils sont un peu moins grands et contiennent chacun une phrase courte. Bon, continuons, je lis : "Une larme joyeuse". L'écriture est très stylisée avec des arabesques. Panneau suivant, je lis : "Un bonne achat". Casimir, l'un des chats de la maison, roupille juste sous la phrase. Ah, et en plus ils font de l'humour :-). Je remarque une faute d'orthographe : "bon" est écrit "bonne". Je pense alors à G qui prétend que le corps de rêve a beaucoup de mal à lire sans se réveiller. Eh bien, non, j'y arrive très bien. D'autres panneaux surgissent, encore plus petits et des cartes postales et des tables sur lesquelles sont empilées des dizaines de livres ! Ouh, là, là... Bon, continuons. Je prends une carte postale, les lettres sont petites, la phrase est plus longue, je sens que je vais me réveiller. Aïe, j'ai parlé trop vite tout à l'heure. Je lève les yeux et regarde le paysage, cela me re-stabilise dans le rêve et j'arrive à lire la phrase. (J'ai oublié son contenu !) Je prends une autre carte, c'est un long paragraphe d'une quinzaine de lignes. Je commence à lire, mais le texte devient flou, je me réveille.

Commentaires : je trouve judicieux de la part du rêve, d'avoir commencé par des choses faciles et d'augmenter graduellement la difficulté. Je pense qu'avec de l'entraînement on doit pouvoir lire et mémoriser un petit paragraphe, sans se réveiller. Peut-être que cela consomme beaucoup "d'énergie", d'où le réveil ?

 
Devinette.
(fin de nuit du 18/01/2001)
...Je suis dans une grande salle qui est une cantine. Beaucoup d'adolescents déjeunent. Je m'approche de l'une des tables et demande :
"Savez-vous que j'ai l'intention de vous faire deviner l'état logique d'un appareil dans mon espace de veille, pensez-vous pouvoir réussir ? "
"Moi, je pense que non."
"Et moi, je ne sais pas."
"Moi, je pense que oui."
"Bien", dis-je, "je vous propose une expérience très simple. Quelqu'un va essayer de deviner, si je mets dans cette casserole munie de son couvercle, une petite frite ou une grande frite." (Il y a des frites à profusion dans un grand plat.)
"Je veux bien essayer de deviner."
"Ok, allez au fond de la salle, je vous appellerai."
J'enlève le couvercle, je me décide à mettre une petite frite, je remets le couvercle. Ce dernier s'est enroulé sur lui-même. Ah rêve, quand tu fais des fantaisies ! J'arrive à le déplier et à refermer correctement la casserole. J'appelle le gamin :
"C'est prêt !"
Il réfléchit longuement. " Heu.. Voyons.. Je dirais..."
"Allez, dépêchez-vous, je vais me réveiller à attendre comme ça !"
"...Une petite frite."
Un camarade, un beau noir, bien râblé est à côté.
"Et vous, qu'en pensez-vous ?"
"Je dirais comme lui."
J'enlève le couvercle, tout le monde se penche pour voir.
"Eh oui, vous avez gagné. Mais c'était facile, vous aviez une chance sur deux et en plus je connaissais la réponse. La prochaine fois, vous aurez 1 chance sur 64 et j'ignorerai totalement la réponse."
    Je me réveille.

Commentaire : voir Nouvelles expériences.

 
Transfert de conscience.
(milieu de nuit du 28 /03/ 2002).
Le début du rêve est non lucide : je marche sur une route goudronnée pas très loin de mon lieu d’habitation, il fait jour. Je m’étonne un peu d’être là, car il me semble m’être couchée depuis peu, et si je rêvais ? Vérifions cela : j’essaye de traverser avec ma main, un petit muret en pierre sur ma droite, cela s’effrite… Bof ! , ce n’est pas très probant. Voyons ce portail en fer un peu plus loin : je le traverse sans difficulté, comme si c’était du mercure, donc, je sais que je rêve. Je suis dans un jardin, avec une vue magnifique en contre bas, il y a une dénivellation de plusieurs centaines de mètres et je décide de plonger dans le vide en volant. Je plane quelques secondes, mais le paysage perd de sa solidité et se dissout, je sens que je vais me réveiller…Eh ! bien non, je suis de nouveau sur la route goudronnée. Une foule d’adolescents se dirigent joyeusement vers moi (la plupart sont des élèves de mes classes). L’un d’eux s’avance vers moi et me dit : « vous devriez faire un transfert de conscience ! »
« Heu, ah, oui, oui, mais pas avec n’importe qui ! » répondis-je .
« Faites-le avec nous », me dit-il.
Bon, je cherche parmi les personnages, un ou une élève que je connais et qui a un excellent niveau scolaire. J’en trouve une et lui demande si elle est d’accord pour faire un transfert de conscience. Elle accepte et nous nous mettons front contre front. Très vite, je ne vois plus rien, j’ai l’impression d’avoir une noix creuse à la place de la tête et l’esprit vide… Cet état perdure une quinzaine de secondes (ce qui est long finalement), puis je me réveille. Immédiatement, je vérifie mon état d’esprit, mes pensées, quelques unes de mes connaissances. Ouf, je suis bien redevenue moi-même !

Commentaire : Le transfert de conscience  (voir le site de Florence Ghibellini) consiste à intervertir sa propre conscience avec celle d'un ou plusieurs personnages de rêve. A quoi cela sert-il ? A expérimenter des états de conscience très différents, à donner au rêveur la conscience qu'il est le projecteur du rêve.
Dans ce rêve,  le personnage était un peu « polio », mais il vaut mieux commencer doucement. Cela prouve néanmoins que dans ce cas, le personnage n'est qu'une poupée vide. Je constate aussi  que c’est un personnage de rêve qui me propose un transfert de conscience et non moi. Cela semble indiquer que la mémoire de mes pensées à l'état de veille reste accessible aux personnages de rêve durant le sommeil. Cette dernière remarque paraît évidente, mais mes personnages de rêves n'arrivent pas à lire correctement dans mes pensées au moment du rêve, en temps réel ! Peut-être parce qu'ils ne sont pas assez puissants ?

 
Émanations mortes ?
(fin de nuit 30/04/2003).
Le rêve est lucide de l'endormissement jusqu'au réveil.
Je marche dans un parc, il fait plutôt sombre. Il y a des bancs, je m'approche de l'un d'eux, car quatre personnes y sont assises. Mentalement, je me dis que puisque je suis lucide, autant commencer la conversation de manière abrupte et inattendue.
- Bonjour, dis-je, quel âge me donnez-vous ?
- C'est difficile à dire !
- Comment me voyez-vous ?
- Il y a beaucoup de couleurs éclatantes !
Étonnée, je regarde mes bras, mes jambes , mes vêtements oniriques, mais je ne vois rien de particulier car ils ont le même aspect qu'à l'état de veille. Mentalement, je me dis, je vais me visualiser avec des vêtements gris noirs.
- Et maintenant, comment me voyez-vous ?
- Ah, là c'est très différent, vous êtes entourée de chaînes.
Bof, me dis-je, la conversation n'est pas très intéressante. Je continue de marcher vers une grande bâtisse, il fait maintenant plein jour. Il y a beaucoup de gens qui entrent et qui sortent, très occupés, à ne rien faire ! Du moins, c'est l'impression qu'ils me donnent. J'entre.
Un homme, la trentaine et une femme, la soixantaine, s'approchent de moi.
- Bonjour, dis-je, savez-vous qu'ici nous sommes dans un rêve ? Regardez, je peux faire pénétrer sans difficulté, mon index droit dans la paume de ma main gauche.
La femme fait de même avec son propre index, mais dans ma main. Je fais la même expérience avec une assiette décorative posée sur un meuble.
- En fait, me dit l'homme, nous sommes morts.
- Au début, me dit la femme, on voyait bien que les choses étaient bizarres ici !
- Ah, heu..!! Mais, dans ce cas, dis-je, c'est idiot de rester là, vous allez dupliquer les mêmes images à l'infini.
- Moi, me dit la femme, je faisais des fausses couches à répétition.
- Le problème, c'est que cela dépasse mes compétences, dis-je, suivez-moi, nous allons sortir sur la pelouse, car il y a trop de monde, ne me perdez pas de vue. Nous sortons. Il fait de nouveau sombre, je leur dit qu'il faudrait essayer d'appeler des guides.
Et tic..., pas de chance, je me réveille et laisse tout le monde en plan.

Commentaire : J'ai remarqué que le début et la fin d'un rêve lucide était souvent marqué par une luminosité faible (du moins pour moi, peut-être faut-il y voir là un processus physiologique). Parfois, mes personnages oniriques me perçoivent d'une manière différente de ma propre perception. L'homme et la femme étaient-ils vraiment des "émanations mortes" noyées au milieu de mes projections oniriques ? D'après une conversation avec d'autres rêveurs lucides, pour le savoir, il aurait fallu demander aux deux personnages en question ce qu'ils avaient fait hier : si ce sont des personnages de rêve, ils n'arrivent pas à répondre ou leurs réponses sont confuses puisqu'ils n'existaient pas hier. Ou encore, il aurait fallu pouvoir faire des vérifications avec des personnes ayant réellement existées. 

 
L'état intermédiaire ou E.I.
(fin de nuit du 24/08/2003)

    Vers le matin, je bascule dans le rêve lucide. Bon, je fais mes petits tours de magie habituels (transformer un objet en un autre, renverser un verre d'eau et garder l'eau en suspension dans l'espace etc.) sous le regard amusé de mes personnages oniriques. Ils sont gentils, car ils se sont abstenus de me faire remarquer que mes tours de passe-passe devenaient lassants ! Bref, tout cela est très amusant à faire, mais je me suis dit qu'il fallait essayer quelque chose de radicalement différent. 
   
J'essaye alors de déconstruire le rêve. Le décor se dissout lentement, j'obtiens un espace totalement noir (je sais, c'est encore du rêve) pendant une seconde seulement. Et hop, un autre décor apparaît, je le redissous, et encore un autre, chaque fois différent etc. Finalement, c'est très difficile de ne pas projeter quelque chose ! Au bout de la cinquième ou sixième fois, j'obtiens un espace noir stable. Dans cet espace apparaissent des luminosités violettes, puis bleues, puis blanches, puis je me réveille.

Commentaire : Je pense que l'espace noir est l'E.I (état intermédiaire, cher aux théories astralistes) sauf que je ne ressentais aucune crainte, ni anxiété de quoi que ce soit, généralement propre à l'E.I. On peut se demander quel est l'intérêt de déconstruire le rêve ? Peut-être pour atteindre le rêveur ! Mais je n'ai pas réussi. «Et pour cause, car il n'y en a pas, on peut atteindre la conscience qui projette tout ça, ou plus exactement, devenir la conscience se projetant elle-même. Florence Ghibellini.»

(fin de nuit du 23/11/2003)
    Je sais que je rêve : je vole à quelques mètres au-dessus d’un océan tumultueux, il y a beaucoup de vent, de grosses vagues avec de hautes gerbes d’écumes qui arrivent jusqu’à moi… Ça me plait beaucoup ! Je me dis alors qu’il serait peut-être intéressant d’essayer d’absorber ce rêve, c'est à dire de le déconstruire, sans me réveiller, afin de voir ce qu'il y a derrière le rêve ! Mais comment faire, et en plus le paysage est gigantesque ? Je décide de faire une grande inspiration et «d’absorber tout cela par le nez », puis d’expirer doucement. Et ça marche ! Je flotte dans un espace totalement noir avec une légère impression de chute, je suis dans l’E.I (l’état intermédiaire). Que pourrais-je faire ? Essayons de percevoir le vide entre chaque pensée… Non, c’est trop difficile. Voyons, que pourrais-je bien faire ? Essayons d’émettre le son « om ». Ah, c’est rigolo, comme ça résonne… ! Je reprends mon souffle et recommence. L’espace noir se pave de formes semi transparentes qui ressemblent à de grosses paramécies, je continue d’émettre le son « om » . Maintenant, l’espace noir se pave de formes géométriques colorées assez jolies . Je me demande si le son que j’émets est correct ? Je me retrouve dans une sorte de cellule de moine ( aie, me dis-je, voici un rêve qui se construit). A quelques dizaines de centimètres sur ma gauche, un énorme serpent m’observe . Je lui caresse le dessous du cou et lui demande (on ne sait jamais !) si le son « om » est correct ? Pas de réponse. En face de moi apparaît un personnage de rêve habillé en moine, les yeux écarquillés d’étonnement, il me regarde attentivement . Je lui pose la même question . Mais toujours pas de réponse . Je me réveille .

Commentaire : L'état intermédiaire (voir à ce sujet le site de Florence Ghibellini sur l'E.I) se situerait sur le plan physiologique entre l'état de veille et de sommeil. Le dormeur est parfaitement conscient d'être allongé sur son lit, mais il a la sensation d'être paralysé car il ne peut plus bouger son corps physique, il entend des bruits curieux (bourdonnements, sifflements, claquements, vibrations électriques, voix lointaines ou proches), il a l'impression que des créatures hostiles le frôlent, mais le plus souvent, il ne les voit pas, en revanche, il voit parfaitement sa chambre telle qu'elle est dans la réalité habituelle et croit ainsi être parfaitement éveillé ! Parfois, il a l'impression de flotter au dessus de son corps et d'observer une sorte de corps translucide de couleur bleue électrique ou marron. Quiconque vit ce type d'expérience ne peut que paniquer et souhaiter en sortir le plus vite possible. Une observation fine de la chambre montrerait qu'il y a des erreurs (certains objets ne sont pas à la bonne place ou manquent, il y a une porte en plus ou en moins etc.), donc il ne s'agit pas de la vraie chambre et le dormeur est bien endormi, bien qu'il soit persuadé du contraire ! 
Mais alors, pourquoi explorer cet état si on ne s'y sent pas en sécurité ? Peut-être pour essayer de comprendre les mécanismes du rêve, après avoir réussi à nettoyer toutes les projections mentales (du rêveur) qui s'y trouvent ! 

 

(fin de nuit du 26/11/2003)
Je sais que je rêve. J’essaye d’absorber de nouveau le décor du rêve par une profonde inspiration, mais c’est raté, tout reste en place ! Je recommence deux fois et enfin, ça marche, je flotte dans un espace noir. Bien, je commence l’exercice de la respiration consciente. Un cycle, deux, trois, quatre, rien de spécial à signaler, cinq, six, sept, huit, toujours rien de spécial, neuf… Aie, un décor se crée : un magnifique sous bois avec un petit torrent qui serpente, un peu plus bas, un sentier qui ne demande qu’à être exploré. Je me dis qu’il serait quand même dommage de déconstruire ce beau décor ! Je décide donc de me promener… Je remarque néanmoins, sur le plan énergétique, que mon corps de rêve est excessivement vibrant, comme s’il était rempli d’électricité… Au bout d’un moment je me réveille : j’ai très chaud au niveau de mon corps physique, sans pour autant transpirer, ni avoir envie de me refroidir. Cette chaleur s’estompe au bout de plusieurs minutes. Je me demande si cette impression de chaleur est réelle ou subjective ? (Pour le vérifier, il suffirait de poser une sonde thermique sur ma peau, la sonde étant reliée à un ordinateur. C’est à étudier.) Il serait aussi intéressant de vérifier si un corps de rêve super électrisé procure systématiquement au réveil cette impression de forte chaleur…

Commentaire : on voit ici clairement que je me laisse facilement distraire par un beau décor de rêve car explorer les couches énergétiques de l'E.I est beaucoup plus ardu ! 

 
Compréhension directe.
(Le 16/12/2003)
En fin de nuit, vers le matin, je ne suis pas réveillée, j’ai conscience d’être à l’état de sommeil hypnopompique ou de rêve très atténué. Soudain, et allez savoir pourquoi ?, j’ai la compréhension directe de la nature des choses ! Impossible hélas de vous expliquer en quoi cela consistait, car ce n’était pas intellectuel, c’était seulement pour moi, un état de conscience très inhabituel. Néanmoins, c’était si simple, que je me demandais comment se faisait-il que je n’y avais pas « pensé » plus tôt ? Et je me mis à rire, à rire, tellement c’était simple et évident, et cela pendant plusieurs minutes, jusqu’à mon réveil. Là, plus rien, la conscience de veille habituelle, avec seulement, le souvenir de cette curieuse expérience.

Commentaire : dommage d'être incapable d'en dire plus, mais la pensée conceptuelle, du moins la mienne n'y parvient pas. Peut-être parce que tout simplement certaines zones de mon cortex frontal (siège de la pensée discriminante) étaient désactivées lors de ce sommeil hypnopompique. L'absence de la pensée conceptuelle donne-t-elle l'illusion d'être omniscient  ?  

Divers scènes.
(Le 28/02/2005)
Le début du rêve n'est pas lucide : il fait nuit, je regarde la voûte étoilée. C'est très beau, mon regard se dirige vers la constellation d'Orion (on la voit très bien en ce moment dans le ciel d'hiver), mais c'est curieux me dis-je, il y a des étoiles en plus et aussi des nébuleuses ! Je regarde attentivement et hop, soudain je comprends, je suis en train de rêver. Hé, hé, hé, faisons très attention à ne pas nous réveiller. J'ai conscience d'être allongée dans mon lit et de dormir. Le décor étoilé disparaît, il fait totalement noir. Puis le noir est remplacé par un fond violet avec des zones de différentes densités dans cette même couleur et en mouvement lent. Cela dure environ 1 minute, ce qui est très long quand on attend comme ça. Puis il me semble qu'apparaît pendant une fraction de seconde un immense visage. Le fond violet est ensuite remplacé par des milliers de motifs géométriques blancs qui donnent à l'ensemble de la figure une structure fractale. Chaque motif est constitué de 2 petites sphères blanches tangentes surmontées le long de leur axe longitudinal par un petit triangle isocèle blanc. Bon, c'est original me dis-je et si je sortais de mon corps pour changer. Je me lève, le mur noir en face de moi disparaît et laisse la place à une superbe station balnéaire, il fait beau, il y a beaucoup de monde. Je marche vers ce qui me semble être la mer. Sur un panneau, écrit en plusieurs langues il y a marqué : baignade interdite, danger de mort. Je remarque que la mer est recouverte d'un épais brouillard... Je me retourne, un personnage de rêve est juste derrière moi.
-Savez-vous qu'il s'agit d'un rêve, lui dis-je ?
-Oui, bien sûr !
-Ha, et tous les gens qui sont autour de nous, le savent-ils aussi ?
- La plupart le savent.
- Bon, on peut le vérifier ?
-Oui, suivez-moi, je vais demander à ce petit groupe la-bas.
-Savez-vous qu'il s'agit d'un rêve demande mon personnage de rêve ?
-je ne te répondrai pas parce que t'es moche !
-Ce n'est pas une façon de répondre lui dis-je et pan, je lui mets mon poing droit en pleine figure !
Je m'éloigne, mais il me suit, sa tête a pris l'apparence d'un dragon. Ho, ho, ho me dis-je, ce n'est pas un petit dragon qui va me faire peur, surtout en rêve lucide. Je lève la main, il recule et tombe. Je continue de marcher puis me réveille.

Commentaires : concernant les motifs géométriques, je pense qu'ils ont été induits par la lecture d'un livre la veille (Alice au pays des quanta) dans lequel les électrons sont stylisés par une minuscule boule avec une épée pointée vers le haut ou vers le bas suivant leur spin.
D'habitude, je ne suis pas agressive avec mes personnages de rêve...

 

Le bureau de poste.
(Nuit du 09/10/2006)
Je suis dans un grand bâtiment, il y a beaucoup de monde et je sais qu'il s'agit d'un rêve. Je demande autour de moi :
-Quelqu'un sait-il qu'il s'agit d'un rêve ?
Pas de réponse. Je marche un peu plus loin et m'adresse à un autre groupe de personnes, toujours pas de réponse !
Enfin, au bout de la troisième ou quatrième fois une dame blonde avec des lunettes me répond oui.
Je ne me souviens plus de la suite.
... (Je rêve, mais je ne suis pas lucide). J'entre dans un bureau de poste pour faire une transaction bancaire, mais il y a une file d'attente trop longue et je décide de ressortir. Soudain, quelqu'un dans la file m'interpelle :
- Evelyne, tu manques de patience dans ce rêve !
- Ah, ça alors, j'étais vraiment persuadée que j'étais à l'état de veille habituel, fis-je en me retournant.
C'était le même personnage que dans le rêve précédent. Je le remercie chaleureusement de m'avoir rendu lucide puis me réveille hélas.

Commentaire : un personnage de rêve me fait prendre conscience que je rêve, le phénomène est assez rare.

 

Le cinglé.
 (Nuit du 8 au 9 /04/2006)
… je suis dans mon ancienne chambre à Paris et je sais que je rêve. J’ouvre la fenêtre, c’est une belle journée printanière. Je décide de sauter et de voler pour rejoindre un toit en contrebas car cela est toujours très amusant. Des badauds en bas m’aperçoivent, inquiets, ils m’exhortent de ne pas sauter ! Bon, je suis sûre de rêver me dis-je, mais on n’est jamais trop prudente. Je fais donc quelques test de matérialité : par exemple le verre de la fenêtre devient malléable puis disparaît sous la pression de ma main, de même que la fenêtre entière… Donc pas de problème, je rêve. 
Je saute, puis chute 1 ou 2 secondes, puis je remonte afin de me poser doucement sur le fameux toit. Je marche dessus, j’aperçois un peu plus loin une plage et je m’envole vers la mer, puis je reviens vers la ville et marche tranquillement sur le trottoir afin de voir si je peux rencontrer l’un des badauds vu tout à l’heure. Je passe à coté de lui et il me reconnaît !
«Ah, mais c’est vous le cinglé qui avait sauté du haut de l’immeuble tout à l’heure, c’est de la folie !»
«Pourtant, je ne me suis fait aucun mal et vais très bien, savez-vous pourquoi ?»
«Non, mais il y a sûrement un truc !»
«Oui, il y a un truc et il est très simple : ce monde n’est pas réel, donc je ne peux pas me faire mal !»
«Hi,hi,hi vous avez vraiment perdu la raison, car cela n’est pas possible !»
«Regardez, je vais vous prouver le contraire », ma main traverse alors un petit muret en pierre qui finit par disparaître. «Donnez-moi votre main, vous allez essayer vous-même sur un autre élément du décor.»
«Non, non, non !»
«Quoi non, vous refusez de voir la vérité en face ?»
  Puis hélas, je me réveille car ma gorge me chatouillait et m’a donné envie de tousser.

 

Absence de mémoire.
(Nuit du 14 au 15/04/ 2006)
… vers le matin, je suis allongée dans mon lit, sensation de flottement de mon corps… Je me lève et je sais que je rêve, de plus, ma chambre n’est pas ma chambre habituelle. Je passe à travers la fenêtre et me retrouve dans une rue, j’interpelle deux passants au hasard. Ce sont deux jeunes femmes. Je leur demande le nom de la ville, elles ne le savent pas. Sachant que les personnages de rêve n’existent pas avant que le rêveur ne les crée, je demande à l’une :
« Que faisiez-vous hier à la même heure ? » Elle réfléchit…
« Bon, plus simplement, que faisiez-vous hier ? » Elle réfléchit encore et me dit qu’elle n’en sait rien.
« Ce n’est pas normal que vous n’arriviez pas à vous souvenir de cela, qu’en pensez-vous ? » Pas de réponse, la jeune femme semble vraiment étonnée. Du moment que je n’étais pas avec ma mère, c’est déjà ça, finit-elle pas me dire. Je vais vous expliquer pourquoi vous n’avez aucun souvenir d’hier, mais hélas, un bruit extérieur finit par me réveiller.

Commentaire : il serait intéressant que je me pose aussi la question à moi-même pour mesurer la profondeur de ma lucidité ! et cela sans me réveiller.

 

Un homme et une femme.
(Vers le matin du 22 /06/2006)
… Le début du rêve n’est pas lucide et occupe environ 1/3 du temps du rêve : je circule en voiture, puis je me gare dans un parc et promène mon chien Virgile, il fait assez sombre. Une autre voiture vient se garer près de la mienne, un homme et une femme plutôt sympathiques en sortent et nous discutons (je ne me souviens plus de quoi). L’homme me demande alors l’age de mon chien. Je réfléchis, j’hésite : il doit avoir environ 7 ou 8 ans, répondis-je. Cette incertitude m’interpelle, je me remémore alors qu’après Virgile, j’ai eu un autre chien qui est mort il y a quelques années, donc il y a une incohérence chronologique dans ce que je vis en ce moment, donc je rêve !
-Hi,hi,hi, savez-vous, dis-je à mes deux interlocuteurs, qu’il s’agit d’un rêve, nous sommes dans un rêve !
(Je m’abstiens de leur poser les questions difficiles habituelles : qui est le rêveur, quelle est la nature du rêve, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien etc. car ils ne me semblent pas capables d’y répondre en dehors d’un silence courtois.)
J’envisage alors de faire mes petits tours de magies habituels pour étayer mes propos : par exemple, je traverse le pare-brise de leur voiture avec ma main. L’homme tente la même expérience, mais sa main est arrêtée par le verre. 
-Allez, lui dis-je, cessez donc de croire que votre main ou le verre sont solides, insistez. 
Très satisfait de lui, il réussit enfin l’expérience... 
Je lui propose de transformer n’importe quels petits objets qu’il me donne en autre chose selon son choix. Il me donne deux petites figurines en plastique et souhaite que je les transforme en une ceinture. Je malaxe les deux objets dans ma main et au bout de quelques secondes apparaît une belle ceinture enroulée sur elle-même. Je la déroule, elle fait au moins 2 mètres de long ! Ensuite, il me donne 5 ou 6 petits objets métalliques. Tiens, des « diaminos » lui dis-je, je vous propose de les enterrer et en quelques secondes une belle fleur va pousser. Il pousse en fait des sortes de pissenlits, pas très esthétiques et dont certaines feuilles ont été grignotées par des insectes. Voyez jusqu’où va se loger le réalisme des structures créées, même les dégâts des insectes sont imités !
Puis, je me réveille.

Commentaire : je regarde mon réveil, il est 7h50 et j’ai un peu mal à la tête. Dans le rêve, j’ai utilisé le mot « diaminos » alors qu’il s’agissait d’osselets, je ne comprends pas pourquoi j’ai fait cette erreur d’appellation !

 


 

Conclusion :

    En rêve lucide, nous ne sommes limités que par notre propre imagination, la quantité d'énergie dont nous disposons (personnellement, je n'arrive à rien si je suis fatiguée) et aussi la saisie (émotionnelle) que nous effectuons sur ce qui nous arrive. D'autre part, j'ai remarqué qu'une fréquence trop élevée de rêves lucides par rapport aux rêves habituels non lucides était moins reposant pour le corps...
    Souvent, le rêve lucide et la réalité habituelle se confondent si bien, que je dois faire quelques tests pour les différencier : comme par exemple, l'absence de gravité ou encore l'immatérialité des objets (ce dernier test n'étant pas toujours fiable !). Parfois, toutes ces vérifications sont inutiles, car je sais que je rêve sans l'ombre d'un doute, une sorte de pic de clarté peut-être ?
    En ce qui concerne mes personnages de rêve, ils sont plutôt basiques (je n'ignore pas qu'ils ne sont que des tentacules de moi-même), mais parfois, ils ne manquent pas d'humour. Certains personnages de rêve sont plus lucides que d'autres car ils savent qu'il s'agit d'un rêve et me le font même savoir, ce qui me permet moi-même d'accéder à la lucidité. Néanmoins, cette situation est relativement rare.
J'ai constaté, que dans la plupart de mes rêves lucides, je cherchais systématiquement à prouver aux personnages de rêve la non réalité des choses au sens physique habituel de ce terme, à savoir que le décor et son contenu étaient une illusion. C'est une constante qui revient souvent chez moi et qui doit sûrement en dire long sur ma personnalité...!
    Il m'arrive aussi de faire des rêves lucides dans lesquels je n'ai aucun pouvoir, c'est à dire que les objets restes solides, je ne peux les transformer en quoi que ce soit d'autre, je ne peux m'envoler etc., exactement comme dans la situation de veille habituelle. Pourquoi ? Je ne sais pas exactement, peut-être parce que ces potentialités sont inhibées par manque "d'énergie" ? De plus, j'ai tendance à ne pas retenir, ni écrire ce type de rêve lucide car je le trouve sans intérêt, mais c'est peut-être une erreur.
    Et enfin, si notre réalité habituelle n'était qu'un immense rêve, et surtout non lucide ?
    L'étape suivante serait de vérifier expérimentalement avec des rêveurs lucides, si le rêve partagé est possible. C'est à dire de faire le même rêve en même temps ! Cela ouvrirait de fantastiques perspectives. J'ai lu sur Internet quelques cas très rares, mais il s'agissait surtout de rêves non lucides !

    

Retour haut de page.